La lourde défaite concédée par les Verts face à l’Argentine continue de susciter de nombreuses réactions chez les supporters. Entre inquiétude, déception et interrogations, les débats se multiplient. Sur le plateau d’AL24 News, trois anciens internationaux algériens, Antar Yahia, Khaled Lemmouchia et Karim Matmour, ont toutefois choisi une approche mesurée, privilégiant l’analyse à l’émotion.
Pour les trois consultants, le premier élément à rappeler est la qualité de l’adversaire. En face, l’Algérie affrontait l’un des grands favoris du tournoi, une sélection argentine rompue aux rendez-vous majeurs et capable de gérer un match avec une maîtrise impressionnante. Selon Khaled Lemmouchia, les 35 premières minutes de l’Albiceleste ont été d’un très haut niveau. Même après un but refusé, les Argentins n’ont jamais perdu leur calme, poursuivant leur plan de jeu avec sérénité.
L’ancien milieu de terrain estime d’ailleurs que la possession du ballon a été parfaitement contrôlée par l’Argentine, même lorsque celle-ci semblait volontairement laisser l’initiative aux Verts. Une stratégie assumée qui a permis aux Sud-Américains d’exploiter les espaces grâce à leurs déplacements et à leur capacité à trouver rapidement des solutions vers l’avant.
Au-delà du résultat, c’est surtout l’attitude collective de certains joueurs algériens qui a retenu l’attention des consultants. Karim Matmour a notamment insisté sur le «body language» observé durant plusieurs séquences du match. L’ancien attaquant a regretté un manque de tension et d’agressivité dans certains moments clés, rappelant qu’une rencontre de Coupe du monde face au champion du monde en titre exige une mobilisation totale.
«Le langage corporel ne ment pas», a-t-il souligné en substance, estimant que certains signes traduisaient une difficulté à rester collectivement au diapason lorsque l’Argentine a commencé à imposer son rythme.
Antar Yahia a, lui aussi, pointé plusieurs détails tactiques révélateurs. L’ancien capitaine des Verts a expliqué que le pressing algérien a souvent été effectué avec un temps de retard. Face à une équipe techniquement supérieure, ces petits écarts ont rapidement été sanctionnés. Les Argentins ont progressivement identifié les failles du dispositif algérien avant de prendre le contrôle du match et de le gérer avec l’expérience qui caractérise les grandes nations du football.
Pour autant, les trois anciens internationaux refusent de tirer des conclusions alarmistes. Tous s’accordent sur un point : l’Argentine était supérieure ce soir-là. Cette défaite ne doit cependant pas effacer les progrès réalisés par la sélection nationale au cours des derniers mois.
Le véritable enjeu se situe désormais dans la réaction de l’équipe. Dans une compétition aussi exigeante qu’une Coupe du monde, la capacité à rebondir après un revers est souvent plus déterminante que la défaite elle-même. Les Verts sont désormais attendus sur leur faculté à corriger leurs erreurs et à répondre présent lors de leur prochain rendez-vous.
N. D.



