Le sommet de l’OTAN à Ankara a été le théâtre d’un mémorable coup de sang de Donald Trump face à ses alliés occidentaux. Dès son arrivée, le président des États-Unis a publiquement exprimé sa fureur aux côtés du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte. Fidèle à son style abrasif, il a asséné un direct «je suis très en colère contre l’OTAN», transformant ce qui devait être une rencontre diplomatique routinière axée sur l’Ukraine en un véritable tribunal face aux caméras du monde entier.
Le principal catalyseur de cette rage présidentielle est l’effondrement total de l’accord de cessez-le-feu avec Téhéran, conclu à peine un mois plus tôt sous médiation pakistanaise. Jugeant ce mémorandum d’entente officiellement «mort et enterré», Donald Trump a fustigé les dirigeants iraniens, les qualifiant de «menteurs». Le président américain a ordonné des frappes massives sur plus de 80 cibles en Iran, avertissant qu’il frapperait encore plus fort, tout en dénonçant le refus historique des Européens d’ouvrir leurs bases militaires pour soutenir les offensives américaines.
À cette rancœur, s’est ajoutée une frustration territoriale concernant le Groenland, dossier sur lequel le président américain a relancé ses griefs contre le Danemark et ses alliés pour avoir bloqué les ambitions de contrôle de cette région hautement stratégique. Refaisant l’histoire à sa manière en évoquant la Seconde Guerre mondiale, il a qualifié la restitution passée du territoire de décision «sotte». Sa colère a également ciblé l’Espagne, qualifiée de «partenaire terrible» qui refuse d’augmenter ses dépenses militaires, poussant Trump à ordonner une coupure immédiate des relations commerciales avec Madrid.
Face à ce déchaînement, les dirigeants européens tentent de calmer le jeu. Bien que Mark Rutte ait publiquement validé les frappes américaines en Iran comme étant «absolument nécessaires», l’avenir de la cohésion de l’Alliance reste lourdement hypothéqué. Malgré les efforts des pays membres pour afficher une hausse de leurs budgets militaires, les menaces répétées de désengagement économique et militaire de Donald Trump font craindre aux experts une fragilisation irréversible et immédiate du pouvoir de dissuasion de l’OTAN.
R. I.


