Par Abdelkader S. – Lors de sa rencontre périodique avec la presse nationale, le chef de l’Etat a affirmé que l’Algérie détenait des preuves des actions déstabilisatrices menées par Abou Dhabi contre ses intérêts stratégiques. Sans annoncer officiellement une rupture des relations diplomatiques, il a indiqué que la décision politique était désormais prise. L’Algérie a définitivement écarté ce pays de ses perspectives de coopération.
«Nous n’avons pas voulu annoncer une rupture officielle pour ne pas envenimer davantage la situation du monde arabe», a expliqué le président Tebboune, avant de prononcer une formule particulièrement sévère à l’égard des dirigeants émiratis : «Là où il met les pieds, le sang coule.»
Cette déclaration marque l’aboutissement d’une détérioration progressive des relations entre Alger et Abou Dhabi. Depuis plusieurs années, les autorités algériennes dénoncent la politique d’ingérence du régime des Al-Nahyane, suppôt d’Israël, dans plusieurs dossiers régionaux sensibles, du Sahel à la Libye, en passant par le Soudan et le Maghreb. Les accusations se sont faites plus explicites ces derniers mois, culminant avec les propos du président Tebboune dénonçant des tentatives de déstabilisation visant directement l’Algérie.
Algeriepatriotique avait, bien avant cette déclaration présidentielle, fait des relations algéro-émiraties un sujet d’alerte récurrent. Tout au long de 2024, notre site a documenté une série d’actes hostiles d’Abou Dhabi à l’égard de l’Algérie, revenant sur les mises en garde du Haut Conseil de sécurité, la «crise silencieuse» entre les deux pays et les multiples dossiers régionaux où les Emirats étaient accusés d’agir à rebours des intérêts algériens. Au fil de ses analyses et éditoriaux, le site mettait en garde contre le bellicisme de Mohammed Ben Zayed qui poursuivait une stratégie d’ingérence et de déstabilisation, en étroite convergence avec le Maroc et Israël, de la Libye au Soudan en passant par le Sahel.
En 2025, ce bellicisme s’est encore durci, les Emirats étant devenus un acteur qui sème le chaos ouvertement dans la région et une menace directe pour la sécurité nationale. Les déclarations du président Tebboune, affirmant que l’Algérie dispose désormais de preuves des agissements déstabilisateurs d’Abou Dhabi, sont la confirmation, au plus haut niveau de l’Etat, d’une analyse qu’Algeriepatriotique développe de manière constante depuis le début de la crise ouverte entre l’Algérie et les Emirats. Les propos du chef de l’Etat étayent, en tout cas, cette lecture. La décision de maintenir, sur le plan protocolaire, des relations diplomatiques minimales apparaît désormais comme un choix dicté par des considérations géopolitiques plutôt que par une volonté de normalisation.
En qualifiant les Emirats d’Etat qui sème le chaos et la désolation dans les régions où il intervient, le président Tebboune entend rappeler que l’Algérie demeure attachée au principe de non-ingérence et qu’elle considère la stabilité des Etats comme un impératif intangible de sa politique étrangère. Ce discours s’inscrit dans la continuité de la doctrine diplomatique algérienne, tout en consacrant une rupture politique de fait avec le régime d’Abou Dhabi, même en l’absence d’une annonce officielle de rupture des relations diplomatiques.
A. S.



