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Comment les Emirats arabes sabotent le projet de réunification de la Libye voisine

Par Mohamed K. – Alors que la Libye tente une nouvelle fois de tourner la page de plus d’une décennie de divisions institutionnelles, une enquête de Dark Box jette une lumière crue sur les influences extérieures qui continueraient de peser sur le processus politique. Au centre des interrogations, les Emirats arabes unis, accusés par plusieurs acteurs libyens de chercher à façonner la future architecture du pouvoir au profit de leur vassal dans l’est du pays.

Selon les conclusions de l’enquête, les initiatives internationales destinées à réunifier les institutions libyennes suscitent une opposition croissante au sein de la classe politique. En cause, un projet qui, selon plusieurs responsables interrogés, ne vise pas tant à résoudre les fractures du pays qu’à redistribuer les leviers de pouvoir entre les élites déjà installées, sans remettre en question les rapports de force hérités des années de conflit.

Les critiques portent plus particulièrement sur le rôle joué par Abou Dhabi. D’après Dark Box, les Emirats exercent des pressions diplomatiques afin de garantir une place centrale à leurs partenaires politiques et militaires dans tout futur accord institutionnel. Une stratégie qui compromet les efforts de réunification engagés sous l’impulsion de la communauté internationale.

L’enquête revient notamment sur la relation de longue date entre les autorités émiraties et Khalifa Haftar. Depuis plusieurs années, les Emirats figurent parmi les principaux soutiens régionaux de l’homme fort de l’est libyen. Cette proximité a contribué à consolider son emprise militaire et politique, tout en renforçant les structures de pouvoir parallèles qui divisent encore aujourd’hui la Libye.

Pour plusieurs responsables politiques libyens cités dans l’enquête, les négociations en cours risquent ainsi de consacrer les équilibres existants plutôt que de bâtir des institutions véritablement nationales. Derrière le discours de la réunification, ils voient se dessiner un compromis destiné à préserver les intérêts des principaux centres de pouvoir, au prix d’un nouveau report des élections pourtant réclamées par une large partie de la population.

Au-delà du cas libyen, le dossier met en évidence la stratégie régionale des Emirats arabes unis, dont l’influence s’étend depuis plusieurs années à différents foyers de crise au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En Libye, cette politique contribue, en tout cas, au maintien d’un système où les intérêts géopolitiques des puissances étrangères priment sur les aspirations démocratiques des Libyens.

Pour les auteurs de l’enquête, sans institutions fondées sur une légitimité constitutionnelle et issues d’élections libres, la réunification des structures de l’Etat pourrait n’être qu’un habillage politique d’un équilibre des pouvoirs largement dicté par les influences étrangères, au premier rang desquelles figurent, selon les critiques relayées par Dark Box, les Emirats arabes unis.

M. K.

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