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Alcatraz algérien pour la mafia de la drogue : la réponse de l’Etat rejoint la colère des citoyens

Par Abdelkader S. – Les décisions prises par le Haut Conseil de sécurité ce mercredi traduisent un durcissement affirmé de la réponse de l’Etat face au fléau des stupéfiants. Réuni sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, président de la République, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense nationale, le Conseil a consacré une partie de ses travaux à la lutte contre le trafic de drogue et annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer le dispositif national.

Parmi elles figure la création d’une structure de sécurité spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants, sur le modèle de dispositifs existant dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis. Mais c’est surtout la décision de transformer une caserne de l’Armée nationale populaire située dans l’extrême sud, à Tanezrouft, en prison de haute sécurité destinée aux barons de la drogue et à leurs complices qui retient l’attention.

Cette mesure répond à une revendication qui revient avec insistance dans le débat public, celle de voir les grands trafiquants soumis aux sanctions les plus lourdes. Dans une société confrontée à une inquiétude croissante face à la circulation des drogues, notamment auprès des jeunes, l’idée d’une prison implantée au cœur du désert apparaît, pour l’opinion, comme le symbole d’une justice particulièrement sévère à l’égard des réseaux criminels.

Le même sentiment de fermeté s’exprime après les incendies qui ravagent certaines régions du pays. Une grande partie des Algériens réclame des sanctions exemplaires contre les auteurs d’incendies volontaires, allant jusqu’à demander l’application de la peine de mort lorsque la responsabilité criminelle est établie. Ces revendications traduisent une exaspération profonde face à des actes portant gravement atteinte à la sécurité des citoyens, à l’environnement et aux biens.

Dans ce contexte, les décisions annoncées par le Haut Conseil de sécurité sont largement susceptibles d’être perçues comme une réponse adéquate aux attentes d’une opinion publique qui réclame davantage de fermeté contre les formes les plus dangereuses de criminalité. La transformation d’une infrastructure militaire en établissement pénitentiaire hautement sécurisé et la création d’une entité spécialisée donnent ainsi une traduction concrète à cette volonté.

Au-delà de leur portée opérationnelle, ces décisions envoient également un message politique clair : face aux trafiquants de drogue et aux réseaux criminels, l’Etat entend renforcer la prévention, le renseignement, la répression et l’isolement des principaux responsables.

A. S.

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