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Le décès de Marina Vlady résonne en Algérie : une alliée historique de la lutte pour l’indépendance

Par Nabil D. – Le monde de la culture est en deuil après l’annonce de la disparition de la célèbre actrice franco-russe Marina Vlady, décédée à l’âge de 88 ans. Si le public européen se souvient d’elle comme d’une icône du grand écran, c’est une facette beaucoup plus intime et engagée de sa vie qui résonne aujourd’hui avec force en Algérie. La triste nouvelle a été partagée par une publication d’Ahmed Bedjaoui, figure emblématique du cinéma algérien, qui a tenu à rendre un vibrant hommage à celle qu’il qualifie de fervente sympathisante de la cause nationale.

Dans un texte empreint d’émotion, Ahmed Bedjaoui rappelle que l’engagement de la jeune Marina Vlady remonte aux heures les plus sombres de la guerre de Libération nationale. Aux côtés de Jacques Charby, elle s’était activement investie dans les milieux artistiques européens pour recruter des soutiens en faveur de la liberté du peuple algérien. Cet engagement s’est également traduit par des actes concrets de production. En 1961, avec ses sœurs Odile Versois et Olga Poliakoff, elle produit le film J’ai huit ans, réalisé par Yan Lemasson. Ce long-métrage, tourné à Tunis, s’appuyait sur des dessins d’enfants orphelins de guerre, alors pris en charge et traités par le célèbre psychiatre et militant Frantz Fanon.

Cet attachement viscéral à la justice a failli lui coûter la vie. Lors de la violente répression d’une manifestation pour l’indépendance de l’Algérie à Paris, Marina Vlady est blessée au métro Charonne. Evoquant le réseau de soutien des «porteurs de valises», Ahmed Bedjaoui souligne avec poésie qu’au-delà des «frères des frères», il existait aussi «les sœurs des frères et des sœurs», une lignée de femmes courageuses dont Marina Vlady était l’une des représentantes les plus lumineuses.

L’Algérie reconnaissante salue aujourd’hui la mémoire d’une grande dame du cinéma et de la liberté.

N. D.

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