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Pourquoi les auteurs algériens d’expression française au Québec sont des acteurs de transformation

Une contribution de Ferid Racim Chikhi – Au moment où le président Abdelmadjid Tebboune réunit les scientifiques algériens œuvrant à l’étranger, il existe au Canada, et particulièrement au Québec, une cinquantaine de libres penseurs méconnus ou presque en Algérie et se frayant un chemin ardu parmi le gotha des auteurs d’expression française en Amérique du Nord.

Dans le texte qui suit sont mis l’avant quelques segments de la littérature algérienne d’expression française au Québec. Cette littérature portée par des migrants arrivés en majorité bien après les années 80 mais dont quelques-uns se sont installés dans cette province du Canada dès la fin des années 60 et le début des années 70. Sont aussi mis de l’avant les tensions à la fois linguistique, historique et institutionnelle, l’univers de la production symbolique, l’espace politique, celui de la médiation culturelle, de l’hybridation et de la transformation pour enfin conclure avec la communauté et l’intergénérationnel.

Présentation et mise en contexte

Il existe déjà des recherches sur les auteurs algériens d’expression française au Québec, cependant cela ne concerne que les écrivains ayant publié leurs romans, leurs nouvelles, leurs écrits dans des maisons d’édition ayant pignon sur rue. Le reste, qu’ils soient auteurs, chercheurs, écrivains, journalistes, managers, philosophes, poètes, sociologues ou autre, issus d’une immigration récente, qualifiée, francophone et politique ayant publié, par exemple, a compte d’auteurs, ne sont pas inventoriés et, mieux encore, ne sont pas très connus, même si quelques-uns sont cités dans des recherches universitaires.

Au commencement était…

L’arrivée en Amérique du Nord et spécifiquement au Canada et particulièrement au Québec de ces auteurs principalement après 1980 ; son caractère hautement qualifié ; son ancrage francophone ; son accélération liée à la décennie noire ; sa structuration communautaire dans les années 2000. Vient ensuite sa forte intégration dans les secteurs professionnels et universitaires qui fait d’eux une communauté de personnes qui constituent de nos jours l’un des piliers de la présence nord-africaine au Québec.

Ils ont choisi pour beaucoup l’émigration, pour d’autres l’exil. Ils ont laissé derrière eux, depuis bien des années pour ne pas dire des décennies, un pays aux multiples crises les unes aussi pénibles et complexes à résoudre que les autres. L’une d’entre-elles réside et réside toujours dans une institution éducative qualifiée par le défunt président Boudiaf «d’école sinistrée» et une lutte réelle et palpable contre la suppression de la langue française ou pour le moins contre la réduction de son influence dans tous les domaines d’activité.

Il aura fallu attendre la fin de l’été 2026 pour voir la mise en œuvre du projet de son remplacement par l’anglais. Des voix se sont élevées contre cette décision, sachant que le patrimoine culturel sur lequel a été développée la langue française n’a jamais été porté par l’héritage inconvenant du colonialisme mais a été depuis fort longtemps couplé à la souveraineté et à l’indépendance nationale, alors qu’aucune langue étrangère n’a été exclue des apprentissages dans les institutions nationales.

Dans la même optique et à quelques milliers de distance, ici, au Québec, depuis trois décennies, sous l’influence encore de l’anglais, des anglophones, des fédéralistes, du RoC et des nouvelles langues importées par les immigrants, la langue française est assiégée et perd de sa vitalité et de son espace d’expression et à quelques exceptions près, les voix francophones des communautés ne sont pas entendues, telles que celles des auteurs, des écrivains, des journalistes, des poètes, des chercheurs et autres libres penseurs algériens d’expression française. Ils se distinguent par leur diversité, les thèmes et les genres qu’ils développent. «Nous manquons de visibilité, mais nous nous frayons un chemin là où on nous attend le moins», m’a soufflé un auteur du bon sens que ce soit sur «les réseaux sociaux, dans les salons du livres et les cafés littéraires ainsi que sur les radios et télévisions périphériques». Que ce soit en littérature, en poésie, au théâtre, dans les chants, «nous sommes présents». Ces auteurs portent leurs pensées partout au Québec, de Montréal à Gatineau, de Sherbrooke au Saguenay, et au-delà.

Qui sont-ils ?

J’en connaissais quelques-uns depuis l’Algérie tels que les défunts professeur Omar Aktouf et le romancier Salah Benlabed. J’ai croisé, ici et là, Aziz Fares et bien d’autres. J’ai lu Akim Kermiche, Djaffar Kaci, Hamid Benchaar, Karim Akkouche, Mazouz Ould‑Abderrahmane, Mouloud Belabdi, le professeur Mazouz Bachir. J’ai écouté le professeur Rachid Benhaddadi, Salah El-Khalifa Beddiari, Samir Benjaffer ou encore les autrices Katia Belkhodja, Wahiba Khiari, Zehira Houfani-Berfas, Bahia Kiared, Naïma Oukerfellah, Samia Shariff, Norah Shariff, Mila Younes, Ounessa Younsi et Neyla Ayssi, sans diminuer de l’apport des auteurs que je ne cite pas mais qui sont doctorants ou professeurs dans les universités québécoises.

Les dimensions présentielle, temporelle et spatiale de la littéraire algérienne d’expression française au Québec est certes invisible à la majorité des Québécois et encore plus aux auteurs, écrivains, intellectuels et journalistes de la société d’accueil mais fortement présentes au sein de leur communauté. Une analyse du contexte, de l’espace et des acteurs lève le voile sur une catégorie d’écrivains qui modifient le paysage de la littérature et de la langue française au Québec.

Elle constitue un phénomène culturel et politique qui dépasse les cadres habituels de l’immigration. Elle se déploie dans un espace transnational où circulent des récits, des mémoires, des critiques et des imaginaires. Bien qu’ignorée par les médias francophones, cette présence diasporique reconfigure les régimes de visibilité francophones, les formes de participation à l’espace public et les modalités de production symbolique.

Les tensions : linguistique, historique, institutionnelle

Les auteurs et autres producteurs de lettres d’expression française d’origine algérienne au Québec s’implantent dans un espace de tension entre plusieurs régimes symboliques : la langue française partagée mais historiquement conflictuelle avec un héritage colonial anglophone, une francophonie institutionnelle qui manque de dynamisme ; des minorités dans l’océan anglophone. Elle est aussi entourée des langues des diasporas multiples mais fortement influencées par la langue française.

Il faut souligner que la mémoire algérienne au Québec a été citée par René Levesque, Pierre Falardeau, Micheline Labelle et bien d’autres penseurs québécois. Elle s’écrit exclusivement en langue française. Elle est marquée d’un côté par la colonisation française de l’Algérie, la lutte pour le recouvrement de la souveraineté et de l’indépendance, la décennie noire, le Hirak, et de l’autre, par les institutions québécoises, qui valorisent la francophonie tout en hiérarchisant les francophonies migrantes ; les récits nationaux, qui ne coïncident pas toujours avec les trajectoires diasporiques. Cette tension est constitutive de la production migrante et elle permet aux auteurs et intellectuels de produire des récits situés dans un espace intermédiaire, où se recomposent les identités et les appartenances.

L’univers de la production symbolique

Les auteurs algériens produisent une écriture caractérisée par la pluralité des références ; la tension entre proximité et distance ; la critique des institutions ; la recomposition des identités ; la mise en récit de l’exil et de l’itinéraire. Les auteurs algériens au Québec ne sont pas seulement des «écrivains migrants», ils sont des producteurs d’une symbolique diasporique, c’est‑à‑dire des acteurs qui transforment les imaginaires francophones. L’imaginaire de l’immigration régulière n’est pas celui de l’exil, soulignait Assia Mohibai, doctorante en littérature comparée. C’est un autre parcours qui émerge de la pensée de ceux et celles qui quittent le pays malgré leur amour pour leur patrie.

L’espace politique

C’est dire combien la présence des écrits algériens d’expression française est également politique. Elle produit des formes de politisation liées à la mémoire de la construction et l’édification de l’Algérie indépendante, de la violence politique en Algérie ; la critique des institutions québécoises ; les débats sur la laïcité, la citoyenneté et l’immigration ; les tensions entre francophonie institutionnelle et francophonie migrante, les exils et les migrations.

Parmi les intellectuels algériens au Québec, quelques voix émergent dans les études et recherches universitaires, telles que celle du défunt Omar Aktouf ; celle du professeur Taïeb Hafsi ; celle aussi du défunt muséologue Daoud Brixi, membre fondateur de l’Ecomusée d’Algérie à Montréal ; de l’ingénieur Mahfoud Messaoudene ou encore l’auteur et analyste Ferid R. Chikhi, sans omettre le philosophe Ali Kaidi. Ces voix produisent une pensée critique qui bouscule les cadres dominants.

La médiation culturelle

Les acteurs médiatiques algériens au Québec façonnent une médiation culturelle transnationale qui relie les débats québécois aux dynamiques algériennes, les enjeux algériens aux institutions québécoises et les récits diasporiques aux imaginaires francophones. Cette médiation contribue à la formation d’une opinion communautaire capable d’influencer les débats sur la citoyenneté, l’immigration, la francophonie et les politiques publiques.

De son côté, la scène artistique algérienne au Québec n’est pas en reste avec la musique, les arts plastiques, les arts visuels, le cinéma, les performances, elle produit une esthétique diasporique qui reconfigure les imaginaires culturels québécois. Cette esthétique se caractérise par l’hybridation des formes, la circulation des récits, la tension entre tradition et modernité, la mise en scène de l’exil et la recomposition des identités.

La diaspora et l’intergénérationnel

Les dimensions littéraires algériennes se structurent selon plusieurs vagues migratoires. Génération 1980–1990 : socle universitaire, francophone, hautement diplômé. Génération 1995–2005 : décennie noire, forte présence littéraire et associative. Génération 2005–2020 : diversification des profils, émergence numérique. Génération 2020–2026 : mobilités transnationales, pratiques hybrides.

La présence littéraire algérienne au Québec se distribue selon une géographie culturelle identifiable ; à Montréal avec des centres et cafés littéraires, universitaires et médiatiques ; à Laval avec une densité nord-africaine de réseaux communautaires ; à Québec avec un ancrage universitaire ; en Outaouais avec des espaces associatifs. C’est dire que les auteurs algériens d’expression française au Québec devraient être vus comme des acteurs de transformation et non pas comme un «apport» culturel. Ils sont des acteurs de la politique culturelle, des producteurs de sens, des vecteurs de transformation. Ils reconfigurent les imaginaires francophones, les récits nationaux, les formes de critique sociale et les espaces de légitimité symbolique, cependant, comme dit plus haut ils sont invisibles.

En combinant les données littéraires, intellectuelles, médiatiques et artistiques, on identifie plus d’une cinquantaine d’auteurs et producteurs culturels algériens en incluant les trajectoires émergentes. Ces libres penseurs de l’exil et de la migration régulière, venant d’Algérie, invitent le Québec à repenser sa francophonie comme un champ pluriel, traversé par des trajectoires indépendantistes, des récits diasporiques et des formes de production symbolique transnationale.

F. R. C.

Analyste senior (German)

1) Corpus littéraire : selon toute vraisemblance, il y a une trentaine d’auteurs confirmés répertoriés dans Algérianité littéraire au Canada – Voix masculines ; Algérianité littéraire au Canada – Voix féminines.

A ce qui précède viennent s’ajouter plusieurs auteurs et écrivains cités par des chercheurs québécois : Bouchard, G. (2013). L’inter culturalisme : un modèle québécois. Harel, S. (2005). Littératures migrantes au Québec. Labelle, M. (1996). Immigration et diversité au Québec.

9 Commentaires

  1. Ces auteurs algériens résidant au Québec utilisent l’expression française pour convaincre, s’émanciper et résister. Les mots comme une arme. Recourir au 49 du langage pour près de 50 libres penseurs. Et un sacré challenger le G2LLOQ. Le Taureau Ailé² rouge se donne des airs. Il est parti en quenouille. Il se retrouve donc en haute altitude. Le voilà au-dessus des nuages. Comme par magie. Au-dessous, c’est Hélios.

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    • Oui tu as raison Fodiil l expression en langue Française c est quand même plus beau que l Anglais ou l Arabe ou l’hébreu et le chinois , merci de parler si bien cet langue donc , acquise par le peuple Algérien et qu il nous faut garder comme un butin de guerre pour nous unir ,nous Algérien , ceux voulant parler Anglais pas de soucis , Arabe ok toutes ces langues ,nous peuple Algériens avec plaisir ,nous sommes très fort en langues étrangères , hélas l année 2026 c ‘est l’ année ou nous avons le plus de clandestins partis vers l EUROPE chercher fortune et liberté, sans doute trop de voile en Algérie  » lol  » , c ‘est des idiots ils reviendront ces cons……….Vive le peuple algérien et vive l Algérie une et indivisible et vive la langue de voltaire acquise par le sang du peuple Algérien ,gardons l Arabe pour les prières c’ est très bien ……..Amicalement

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      • Merci à vous missiou pour nous donner votre position sur le sujet. Pour moi, cette langue m’a été imposé à l’insu de mon plein gré. Une histoire d’agent dormant. J’étais en mode veille. Économie d’énergie oblige. Après la parenthèse d’une perception irréelle de la réalité, c’est vrai un peu crevé. Je dirais même déphasé. Un coup de barre. Mars et ça repart! Pour la missiou. Car c’est la guerre!

        Tahya El Djazaïr. 🇩🇿

        P.S : l’illusion d’être Apollon pour celui qui joue au Coq.

  2. Pour moi Canada francophone rime avec les terroristes du MAK !
    D’ailleurs j’eus vu en son temps un documentaire sur la tv french genre à 3h du mat sur des Algériens à Montréal et pourtant ils faisaient du SOCIAL s’occupaient de jeunes en difficulté et en échec scolaire et ….. patatra le drapeau des TERRORISTES DU MAK en toile de fond !!!! Donc TOZ !
    Je connais Montréal Québec et pas que mais ce que je retiens du Canada et des Canadiens par rapport aux french c’est LEUR SENS CIVIQUE ET DU CIVISME AVÉRÉ CONTRAIREMENT AUX PSYCHOPATHES FRANÇAIS !!!
    Hamdoullah mes potes ne m’ont pas fait visiter ce quartier « petit maghreb » car en tant qu’ALGÉRIENNE le packaging BIDON « maghreb » création purement franco-française pour sa narco-terroriste-pédophile-monarchie ne m’intéresse aucunement puisqu’il s’agit de NÉANTISER tout ce qui est ALGÉRIE ET ALGÉRIEN et je renvoie aux excellentes analyses de notre chère Patriote @Tin-Hinane sur le sujet.
    Mes potes franchouillards ayant immigré de Grenoble à Montréal m’ont amené aux Foufounes Électriques bar Punk Rock underground à Montréal (⚠️la traduction du terme est différente de celle de la France et signifie les fesses mais c’est enfantin ou humoristique, dénué de toute connotation sexuelle ou vulgaire).
    Du Canada je retiens CE CIVISME SENS CIVIQUE DES CANADIENS INEXISTANT SUR LE TERRITOIRE FRANÇAIS DANS SON INTÉGRALITÉ SANS EXCEPTION AUCUNE.

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    • Le mak, quelques idiots utiles qui pensent que le Quebec cherchant son indépendance du reste du canada va les soutenir… Malheureusement pour eux ça ne fonctionne pas parce qu’il n’ont pas l’étoffe…
      Le Petit Maghreb est une création purement multiculturelle … Il y a la Petite Italie, le Plateau Français qui change du jour au lendemain, le Quartier Grec, etc… Le Petit Maghreb ce sont des Algériens, des Marocains en grande partie qui se sont construits au fil du temps… Il y a Montréal Nord ou tous les immigrants du Sud se côtoient …
      Mais là il est question d’auteurs, d’écrivains … de journalistes … qui s’expriment en français mais dont la plupart maitrisent au bas mot trois langues : La langue maternelle : Chaoui, Kabyle … ; L’arabe, le Français et l’Anglais. Des Polyglottes pour ainsi dire…

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      • Votre Reponse est, il me semble, la REPONSE!
        DZien (ou autre immigre) du Canada/USA n´est PAS « Mokh » par SON « Douar Beni » mais par la BIOLOGIE! Il est MULTILINGUE donc son Cerveau (1 Muscle) est plus developpé! En plus il a PLUSIEURS Codes: celui du Douar d´Origine & du New Douar! L`Ámazigh joue aussi ce role!
        Donc celui qui a Arabe, Amazigh & Francais a 3 Bonus!
        Le Francais COMME TOUTE LANGUE est 1 OUTIL! Ce n`est NI POLITIQUE NI Vengeance NI Fafa NI Nov. Ni Chouhada NI Rabi Sidi! La Guerre est FINIE!

        Bonus!
        Il y a les Pays « Benzema Chez Zidane » qui Cultive-IRRIGUENT le Desert (USA, Canada) ET les « Benzema-En France » qui ASSECHENT la Prairie/Potentiel! Lesquels ou « Notre Ane court plus vite que Leur Cheval »?
        Pedagogie, pareil! Le Prof./Formateur qui ENCOURAGE ou DECOURAGE!

        Prenez N`IMPORTE QUEL SUJET (film, Livre, « Recherche ») ou vous TAPEZ Teheran (femmes) & Islam! Aussitot tout FINANCEMENT & HONNEUR!
        TAPEZ Israel! Le Contraire! Demandez á Dieudonne & Macklemore…Bien qu´avec ce dernier le BOOMERANG soit REVENU car rien n`est ETERNEL!

      • @samai salim, il ne faut pas oublier les analphabètes trilingues qui ont un (…) dans leur cerveau. Le fameux génie génétique du clan des ziziliens.

      • Sans oublier l’ambition démesurée des démagos qui ont le melon. Le niveau 0 de ceux qui ont le seum. Des cas désespérés dont on se contrefiche. Ils n’ont rien compris au film car ils ne sont que des figurants qui n’apparaîtront même pas dans le générique de fin. En ont-ils seulement conscience? 🤣

    • @Dr Kelso, de l’autre côté de l’Atlantique, les refoulés de l’histoire. Pour ensuite finir dans ses poubelles.

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