Par Mrizek Sahraoui – Le climat de guerre civile règne en France depuis quelque temps. Son paroxysme a été atteint le 17 octobre dernier. Il s’est accentué avec la tuerie raciste de masse perpétrée ce vendredi 23 octobre à Trappes, en région parisienne. Cette attaque a clairement visé des étrangers. Elle a fait un mort et quatre blessés, dont le pronostic vital est engagé. Cet événement montre à quel point le bouc émissaire algérien ne suffit plus. Longtemps entretenu comme un écran de fumée commode, il ne peut plus masquer l’effondrement d’un régime macroniste moribond.
De l’avis même de Ségolène Royal, ce pouvoir à l’agonie a passé son temps à justifier sa propre vacuité en tapant sur le voisin outre-Méditerranée. Mais la réalité a fini par le rattraper. Résultat : la République française ne traverse plus une simple crise passagère. Elle vacille !
Voilà des années que l’Algérie sert de paratonnerre commode à une classe politique aux abois. Cette dernière se montre incapable d’apporter des solutions concrètes aux souffrances des Français. Les services publics sont en lambeaux. Les classes moyennes subissent une paupérisation croissante. A cela s’ajoutent l’échec total des choix politiques et sociétaux, une jeunesse laissée pour compte et une dette abyssale. La France emprunte désormais au taux de 5% et sa diplomatie est atone.
Pourtant, le réflexe demeure invariablement le même : pointer du doigt «l’ancienne colonie». Le pouvoir attise les tensions entre les composantes de la communauté nationale par le biais de discours racistes. Il désigne les étrangers, et particulièrement les Algériens, comme la source de tous les maux qui ont frappé et frappent encore la France.
Mais personne n’est dupe : le manège tend juste à détourner l’attention. Détourner l’attention : voilà le rôle dévastateur des médias de propagande. Ces derniers sont plus enclins à «travailler» les esprits qu’à informer le public. Dans une surenchère indigne, les plateaux des chaînes en continu – CNews, BFMTV, LCI et même France Info – se joignent aux officines idéologiques d’extrême-droite. Ensemble, ils ont transformé le métier d’informer en une machine de guerre psychologique qui tourne à plein régime.
Rien n’illustre mieux cette dérive que le traitement réservé aux événements du 17 octobre, suivis par ceux de ce samedi. Le pouvoir a lui-même reconnu sa faillite sécuritaire. Pour la masquer, les médias n’ont pas hésité à propager le récit absurde d’une «manipulation» orchestrée depuis Alger. Ils accusent l’Algérie d’avoir soufflé sur les braises. Selon eux, elle aurait téléguidé les réactions de la communauté algérienne résidant en France.
Le sommet du ridicule a été atteint sur le plateau de CNews mercredi dernier. La chaîne a invité un soi-disant «lanceur d’alerte». À vrai dire, il s’agit d’un individu insignifiant, incapable d’aligner une phrase sans lire péniblement une feuille, sans doute rédigée pour lui par son officier traitant. C’est un voyou, dixit Ségolène Royal. Ce comparse est venu vendre une fable d’officine de caniveau sur le chaos du 17 octobre 2026.
Cette instrumentalisation honteuse des récents événements révèle surtout la panique morale d’une classe politique totalement déconnectée et aux abois. Les dirigeants, une certaine élite et les médias français sont incapables d’assumer et de régler la crise sociale qui ravage le pays. Ils se réfugient donc dans la théorie du complot extérieur. C’est la marque de fabrique de Xavier Driencourt.
Ce dernier vient d’ailleurs de déclarer : «Oui, l’Algérie se réjouit de voir la France affaiblie.» Sans s’en rendre compte, ce retraité sénile frappé de cécité s’enfonce dans son complotisme délirant. En même temps, il signe l’aveu explicite du naufrage de son propre pays. Le diplomate aux prédictions oiseuses avait joué les pythies. Il fait aujourd’hui l’amer constat : l’Algérie avance à grands pas pendant que sa République s’effondre.
M. S.


