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La France et l’Ukraine font de nos frontières sud un nouveau terrain de guerre par procuration

Par Kamel M. – La guerre ne se joue plus seulement aux portes de l’Europe. Elle se déplace aussi vers le Sahel. Et dans cette nouvelle bataille d’influence, l’Ukraine apparaît désormais aux côtés de la France. Une enquête de CNN révèle la présence d’agents du renseignement et de militaires ukrainiens dans le nord du Mali. Leur mission ne relève pas d’une simple coopération militaire classique : ils apportent leur savoir-faire, notamment dans le domaine des drones et du renseignement, à des groupes armés qui combattent les autorités maliennes.

Derrière cette présence se dessine une réalité beaucoup plus large. En effet, Paris et Kiev avancent sur un même terrain, avec des intérêts qui convergent. La France perd ses positions militaires au Sahel, tandis que l’Ukraine cherche de nouveaux espaces pour projeter son expérience de la guerre. Le Mali devient ainsi un nouveau théâtre de cette coopération.

Les groupes armés du nord malien se retrouvent au centre de cette stratégie. Les Touareg séparatistes, dirigés par Bilal Ag Cherif, et le JNIM, commandé par Iyad Ag Ghali, occupent une place essentielle dans l’équation sécuritaire. Depuis Paris, les réseaux français conservent des relais auprès de ces figures de ces mouvements, tandis que les séparatistes et les terroristes bénéficient désormais de nouvelles capacités opérationnelles. Le scénario est limpide : la France ne veut pas disparaître du Sahel et cherche des moyens de continuer à peser sur le terrain. Elle quitte la scène militaire officielle, mais ses réseaux, ses intérêts et ses méthodes restent présents. L’Ukraine fournit alors un nouveau levier. C’est une guerre par procuration qui se met en place, avec des acteurs différents mais un même objectif : empêcher que Paris perde totalement son influence dans une région où son implantation politique, militaire et économique recule à grande vitesse.

Kiev, de son côté, trouve dans cette configuration un intérêt évident. La coopération avec Paris lui ouvre un espace supplémentaire pour affronter indirectement les intérêts russes et renforcer sa présence internationale. Le Sahel devient ainsi l’un des prolongements inattendus de la confrontation entre Moscou et Kiev. Ce qui se joue dans le nord du Mali dépasse donc largement les frontières maliennes : c’est une nouvelle pièce qui se place sur l’échiquier de la rivalité mondiale.

Car le Sahel est devenu l’un des grands champs de bataille de la compétition internationale. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ne constituent pas seulement un espace géographique stratégique : ils concentrent des ressources minières et énergétiques considérables et occupent une position centrale en Afrique. Leur éloignement de Paris représente donc bien plus qu’un revers diplomatique. Il menace directement les intérêts français dans une région où la France considère pendant des décennies son influence comme acquise. Bamako, Niamey et Ouagadougou ont précisément décidé de rompre avec cet ordre ancien. Ils chassent progressivement l’armée française et renforcent leur coopération. Leur message est sans ambiguïté : le temps de la tutelle française est terminé.

Cette rupture ne laisse évidemment pas Paris indifférent. La France continue de soutenir massivement Kiev sur le front européen, mobilise ses partenaires européens contre Moscou et durcit sa confrontation avec la Russie. Dans le même temps, l’Ukraine apparaît au Sahel avec ses drones, ses spécialistes et son expérience des opérations clandestines. Le donnant-donnant est évident : Paris soutient Kiev en Europe ; Kiev contribue à défendre les intérêts français là où l’armée française ne peut plus intervenir ouvertement. Cette méthode permet surtout à la France de contourner une difficulté majeure : comment continuer à peser en Afrique après le départ de ses forces militaires ? La réponse passe par des intermédiaires. L’Ukraine devient ainsi un sous-traitant militaire particulièrement utile. Elle peut intervenir dans l’ombre, apporter des compétences techniques et frapper les adversaires des autorités sahéliennes sans que Paris apparaisse directement en première ligne.

Pendant ce temps, la communication officielle française continue de parler de partenariat, d’amitié et de coopération avec l’Afrique. Mais sur le terrain, le rapport de force raconte une autre histoire. La France perd ses positions traditionnelles, tandis que de nouveaux acteurs investissent l’espace laissé vacant. L’Ukraine fait son entrée dans une région où elle ne disposait jusqu’ici que d’une présence limitée. Le Sahel devient alors un espace où les rivalités européennes se prolongent sous une autre forme, avec des acteurs locaux pris au milieu d’une confrontation qui les dépasse.

Et cette évolution concerne directement l’Algérie. Le nord du Mali constitue la profondeur stratégique immédiate de la frontière sud algérienne. La présence d’acteurs militaires étrangers dans cette zone, combinée à l’activité de groupes armés, représente donc une menace que l’Algérie ne peut ignorer. Alger défend une position diamétralement opposée à celle des puissances qui cherchent à transformer le Sahel en théâtre de confrontation. L’Algérie milite pour que les pays de la région reprennent eux-mêmes la maîtrise de leur sécurité et refusent que leur territoire serve de champ de bataille aux rivalités internationales. C’est précisément ce qui explique l’importance de sa politique envers le Niger et, plus largement, envers les pays du Sahel.

L’Algérie défend un Sahel africain. Voilà le véritable enjeu. Car derrière les drones, les groupes armés, les services de renseignement et les manœuvres diplomatiques se joue une bataille beaucoup plus profonde : celle du contrôle politique et stratégique d’une région qui refuse désormais de rester dans l’orbite de ses anciennes puissances tutélaires. La France perd du terrain, l’Ukraine entre dans le jeu, les Etats du Sahel revendiquent leur souveraineté et l’Algérie tente d’empêcher que le chaos ne s’installe à ses frontières.

Le Sahel devient ainsi le théâtre d’une nouvelle guerre froide africaine. Et dans cette bataille, les armes ne sont plus les seules à parler. Les alliances, les ressources naturelles, les services de renseignement, les drones et les groupes armés deviennent eux aussi des instruments de puissance. La question n’est donc plus de savoir si les grandes puissances se disputent le Sahel. Elles le font déjà. La véritable question est désormais de savoir si les Africains accepteront encore longtemps que d’autres décident à leur place de l’avenir de leur propre continent.

K. M.

1 Commentaires

  1. français ou ukrainiens rien à foutre même traitement que les terros!! ils faut qu’ils comprennent qu’ils n’ont rien a faire a nos frontieres, il faut envoyer un message très fort, notre pays est encore en danger il faut frapper et fort!!!

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