Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé dimanche une réunion du Conseil des ministres consacrée à plusieurs dossiers, notamment la révision du statut particulier des personnels de la Protection civile et de leur régime indemnitaire, le renforcement de ce corps en moyens humains et matériels, le raccordement numérique sécurisé des institutions de l’Etat ainsi que le bilan de la campagne moisson-battage 2025-2026.
En ouverture de la réunion, le Premier ministre a présenté un bilan de l’activité gouvernementale des deux dernières semaines. Le chef de l’Etat a ensuite donné plusieurs orientations concernant notamment l’indemnisation des victimes des incendies ayant touché plusieurs wilayas du pays.
Abdelmadjid Tebboune a salué la rapidité des opérations d’indemnisation, particulièrement dans la wilaya de Jijel, la plus affectée. Il a remercié les membres du gouvernement, notamment ceux directement impliqués dans cette opération, et leur a demandé d’achever dans les meilleurs délais les éventuelles opérations restantes. Le président a également souligné l’importance de la solidarité populaire et gouvernementale envers les citoyens touchés par ces sinistres.
Sur proposition du ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, le président de la République a décidé de maintenir les frais du Hadj à 82 millions de centimes pour chaque pèlerin algérien, après une hausse d’environ sept millions de centimes enregistrée cette saison.
Concernant la transformation numérique, Abdelmadjid Tebboune a ordonné la préparation d’un décret présidentiel portant sur un plan de raccordement numérique sécurisé et définissant les missions des organismes et institutions sectoriels concernés, sous la supervision du Haut-Commissariat à la numérisation.
Ce dispositif devra également permettre l’interconnexion entre les wilayas afin de faciliter l’enregistrement et la circulation des données locales. Le président a insisté sur la nécessité d’assurer une protection maximale des données personnelles des citoyens.
Le président de la République a par ailleurs demandé une révision en profondeur du statut particulier des personnels de la Protection civile, afin de l’adapter à l’évolution des risques, notamment ceux liés aux changements climatiques.
Les orientations comprennent une revalorisation globale des salaires à travers la révision des points indiciaires, ainsi qu’une refonte de la grille des grades en fonction des spécialités et des missions des personnels administratifs et opérationnels. Les indemnités accordées aux agents intervenant sur le terrain et à leurs familles devront également être valorisées.
La formation continue devra être renforcée tout au long de la carrière, tandis que les équipements et moyens d’intervention feront l’objet d’une modernisation technologique et d’un programme de renouvellement. Le chef de l’Etat a aussi préconisé la création de points et de postes de surveillance dans les zones à forte densité forestière, le renforcement progressif de la flotte d’avions bombardiers d’eau et l’instauration d’un dispositif de volontariat saisonnier bénéficiant de garanties élevées de protection.
Pour la campagne 2025-2026, le président Tebboune a chargé le secteur agricole de mettre en place un bulletin mensuel permettant de suivre les niveaux et volumes de production céréalière, notamment pour le blé tendre et le blé dur. Les walis devront assurer un suivi rigoureux de ces données.
Il a également ordonné la numérisation immédiate du système de paiement des récoltes auprès des agences régionales de l’Office algérien interprofessionnel des céréales, en coordination étroite avec l’Office national des statistiques.
Enfin, le chef de l’Etat a appelé à moderniser le rôle de l’Office algérien des céréales et des instituts spécialisés, à lutter contre les pratiques irrégulières dans les secteurs agricole, rural et halieutique, et à préparer une nouvelle loi d’orientation agricole. Celle-ci devra notamment favoriser une meilleure répartition des surfaces cultivées afin de réduire les importations et de renforcer progressivement l’autosuffisance.
Un programme national d’analyse et de classification des sols agricoles est également prévu. Les autorités sont par ailleurs appelées à développer l’utilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation, dans le cadre d’une politique visant à réduire la dépendance aux précipitations et à améliorer la gestion des ressources hydriques.
R. N.


