Les militants sahraouis du groupe de Gdeim Izik engagent une nouvelle épreuve de force au cœur du système pénitentiaire marocain. Ce 23 septembre 2026, Naâma Asfari et huit de ses compagnons de détention, répartis entre les établissements de Kénitra, Tiflet et Aït Melloul, entament une grève de la faim illimitée pour réclamer le respect de leurs droits fondamentaux. Incarcérés arbitrairement depuis seize ans, ils relancent leur combat après un premier mouvement de quarante-six jours mené en juin et juillet dernier.
Dans son communiqué, l’association rappelle que Naâma Asfari avait pourtant consenti à suspendre son précédent jeûne le 24 juillet 2026 pour dialoguer avec la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGPAR). Les détenus espéraient le respect des engagements pris concernant leur transfert vers des prisons situées au Sahara Occidental, proches de leurs familles. L’Association des amis de la RASD dénonce une promesse trompeuse, soulignant que le Makhzen continue d’imposer de lourdes restrictions sur l’accès aux soins, les visites, le téléphone et le courrier.
Le communiqué souligne également que cette situation viole directement les instances internationales. Le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a demandé leur libération dans son Avis 23/2023, tandis que le Comité contre la torture (CAT) du HCDH a condamné le Maroc à plusieurs reprises pour les violences subies par les prisonniers de Gdeim Izik, rendant caduques leurs condamnations allant de vingt ans de prison à la perpétuité.
En relayant la déclaration des neufs détenus, l’Association des amis de la RASD met en avant leur détermination à mener cette «grève pour la dignité» contre l’occupation et pour l’autodétermination du Sahara Occidental. Aux côtés d’autres organisations de droits humains et du réseau de solidarité internationale, elle réaffirme son engagement à défendre leurs droits et à rappeler la position inchangée du peuple sahraoui face à la communauté internationale.
K. B.-H.


