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Privé de tout contact : inquiétude critique autour du sort du militant Naâma Asfari

Par Mohamed K. – Le défenseur des droits humains sahraoui Naâma Asfari, détenu depuis plus de 15 ans au Maroc dans le cadre du groupe de Gdeim Izik, se trouve à nouveau au cœur d’une alerte humanitaire majeure. Sa famille a lancé un appel pressant aux instances internationales pour dénoncer l’interruption totale de ses communications avec l’extérieur, alors même qu’il a entamé une nouvelle grève de la faim le 23 septembre 2026 aux côtés de huit de ses codétenus.

L’angoisse grandit chez ses proches, qui n’ont plus aucun signe de vie direct. Selon sa famille, le dernier contact téléphonique avec le militant a eu lieu le lundi 21 septembre 2026 à 10h44, heure locale du Maroc. Durant cette matinée, il a pu s’entretenir brièvement avec son frère, Khaddad Asfari, puis avec son épouse, Claude-Mangin Asfari, interdite de séjour au Maroc et privée de droit de visite depuis plusieurs années. Lors de cet échange, Naâma Asfari avait promis de rappeler sa femme le mercredi suivant à 10h30. Cet appel n’a jamais retenti. Depuis cette date, le silence de l’administration pénitentiaire est total, maintenant sa famille dans une incertitude alarmante.

Cette coupure brutale des lignes de communication ne semble pas être un cas isolé. Les informations recueillies par la famille révèlent que les huit autres prisonniers politiques sahraouis, dispersés dans différents établissements pénitentiaires marocains et solidaires de ce mouvement de protestation, subissent le même traitement. Leurs familles respectives se heurtent à une impossibilité identique d’établir le moindre contact direct.

En juillet 2026, les canaux de communication avec Naâma Asfari avaient déjà fait l’objet d’une interruption prolongée. Le militant avait pourtant accepté de suspendre une précédente grève de la faim de plus de quarante jours après des promesses de dialogue et d’aménagements formulées par la délégation générale des prisons, notamment concernant l’application de leur droit au transfert. Face au non-respect de ces engagements et à la persistance de conditions de détention dégradantes, les détenus ont choisi de replonger dans ce que Naâma Asfari qualifie de «grève de la dignité».

L’état de santé des grévistes, déjà profondément affaiblis par des années d’incarcération dans des conditions inhumaines et des privations antérieures, suscite les plus vives inquiétudes. Une privation prolongée de nourriture fait peser des risques vitaux immédiats sur ces hommes.

Face au péril imminent, la famille de Naâma Asfari réclame l’intervention urgente d’organisations internationales indépendantes. Elle demande qu’une mission de vérification médicale et sanitaire soit immédiatement dépêchée au sein des centres de détention. Cette démarche vise à évaluer de manière impartiale l’état de santé des prisonniers, à contrôler la conformité de leurs conditions d’isolement et à garantir leur accès effectif à des soins médicaux d’urgence.

Alors que le Comité des Nations unies contre la torture a récemment pointé du doigt les manquements répétés du système carcéral marocain vis-à-vis des détenus de Gdeim Izik, le sort de Naâma Asfari et de ses camarades reste suspendu à la réouverture immédiate de leurs droits fondamentaux.

M. K.

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