De Paris, Saliha Fayez – Ce 23 octobre, l’ancienne candidate à la présidence de la République en France a jeté un pavé dans la mare en interpellant directement la chaîne CNews sur le réseau social X : «Vous arrêtez à CNews d’inviter des voyous ? La tuerie de Trappes devrait vous faire réfléchir si c’est encore possible, tant l’arabophobie vous excite.»
Cette charge d’une violence rare met en lumière la dérive éthique et structurelle du paysage audiovisuel français, où les chaînes d’information les plus influentes abdiquent quotidiennement leur mission déontologique pour sombrer dans le sensationnalisme et la provocation.
Pour saturer l’espace public de polémiques stériles et générer de l’audience, les médias mainstream n’hésitent plus à offrir une tribune à des figures marginales au passif trouble, qualifiées ici à juste titre de «voyous». Ce phénomène d’abaissement intellectuel et moral n’est pourtant pas un cas isolé, mais relève d’une méthodologie bien ancrée. Le traitement médiatique outrancier dont a bénéficié par le passé la serpillère la DGSE, le nommé Amir Boukhors, en est la parfaite illustration. A l’instar de l’invité de CNews fustigé par Ségolène Royal, ce genre de personnage a pu jouir d’une complaisance et d’une visibilité ahurissantes de la part des grands médias français. En légitimant des individus dépourvus de toute crédibilité politique ou morale, le système médiatique parisien s’est fait le complice d’une déstabilisation du débat sérieux, préférant le buzz à la rigueur de l’information.
Cette quête effrénée du spectaculaire démontre l’indigence crasse des canaux d’information les plus puissants de France. Sous couvert de pluralisme, CNews et ses homologues s’adonnent à un voyeurisme politique qui frise la complicité de délinquance symbolique. En choisissant délibérément le provocateur pour commenter l’actualité et fracturer la société, le pouvoir médiatique français n’éclaire plus le citoyen, mais propage des agendas idéologiques précis, dirigés exclusivement contre l’Algérie.
Le constat de Ségolène Royal résonne, en tout cas, comme le signal d’un naufrage global, où les plateaux de télévision sont devenus les tribunaux de l’invective au détriment de l’intelligence collective.
S. F.



