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Répétition complaisante

Par Mohamed Elbaikam(*) – Dans la culture sahraouie, les choses sérieuses ne commencent pas dans le bruit. Elles commencent par l’écoute. Même le thé dans le désert est servi par étapes : le premier verre est fort, le second équilibré, le troisième léger. Le jugement devrait fonctionner de la même manière. C’est pourquoi il est préoccupant de voir certains membres du Congrès s’exprimer sur le Sahara Occidental avec la certitude des slogans et la faiblesse de récits empruntés.

Cette inquiétude n’est plus abstraite. Récemment, les sénateurs Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott ont présenté le Polisario Front Terrorist Designation Act de 2026. Le représentant Joe Wilson défend une ligne similaire depuis des années, présentant le mouvement national sahraoui à travers un prisme sécuritaire qui reflète étroitement le discours privilégié par le Maroc. Les parlementaires sont libres de leurs positions. Mais une grande nation est en droit d’attendre davantage de ceux qui parlent en son nom.

Les représentants des Etats-Unis, qu’ils siègent au Congrès ou au sein de l’exécutif, devraient faire preuve de rigueur juridique, de sérieux moral et d’exactitude factuelle sur des questions qui peuvent influer sur des vies bien au-delà des frontières américaines. Ce n’est pas une exigence idéaliste, mais pragmatique. Ce que disent les responsables américains dans les rouages du pouvoir ne reste pas à Washington. Cela circule. Cela affecte la crédibilité des Etats-Unis, leurs intérêts à long terme et l’image du peuple américain lui-même.

Lorsqu’un conflit est simplifié à l’extrême, que son cadre juridique est ignoré ou que les affirmations d’un Etat étranger sont reprises sans maîtrise du dossier, les conséquences sont durables. Cela peut légitimer des distorsions, aggraver des injustices et placer les Etats-Unis dans des positions contraires à leurs principes comme à leurs intérêts stratégiques.

Le Sahara Occidental n’est pas un espace vide sur lequel des responsables extérieurs peuvent projeter le récit géopolitique qui leur convient. Dans le cadre des Nations unies, il demeure un territoire non autonome. Dans son avis consultatif de 1975, la Cour internationale de Justice n’a pas établi de lien de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara Occidental suffisant pour écarter le principe d’autodétermination. Les Américains n’ont pas besoin d’adhérer à toutes les positions du Front Polisario pour comprendre ce point juridique. Il ne s’agit pas d’une question réglée que l’on peut réduire honnêtement à un slogan sur le terrorisme.

Pour beaucoup hors des Etats-Unis, c’est précisément pour cela que des institutions comme le Congrès, le Parlement britannique ou le Parlement européen suscitaient autrefois le respect. Non pas en raison de leur ancienneté, mais parce qu’elles semblaient incarner une promesse : que le droit pouvait contenir le pouvoir, que l’éthique pouvait encadrer les fonctions publiques et que les institutions démocratiques existaient pour examiner les récits, non pour répéter le plus utile.

Cette image a déjà été fragilisée en Europe par ce que beaucoup ont appelé le «Marocgate», raccourci désignant la crainte corrosive que des influences extérieures puissent infléchir le langage parlementaire au détriment des principes. Les Etats-Unis devraient veiller à ne pas susciter les mêmes soupçons. Les grandes institutions perdent rarement leur crédibilité d’un seul coup ; elles s’affaiblissent plus souvent lentement, chaque fois qu’elles sacrifient l’examen critique à la commodité.

Le problème de fond n’est pas le désaccord avec les Sahraouis, mais le manque de curiosité. Trop de commentaires à Washington traitent la question sahraouie comme si elle était récente, comme s’il s’agissait simplement d’un dossier de rivalités régionales et comme si les populations concernées n’avaient pas leur propre histoire politique. Or, la lutte sahraouie est née des dynamiques anticoloniales et d’une revendication d’autodétermination, non d’un projet d’expansion au-delà de ses frontières.

L’un des aspects les moins compris de la culture politique sahraouie est sa retenue. Malgré des décennies de guerre, d’exil, de désillusions diplomatiques et le contrôle de facto du Maroc sur la majeure partie du territoire, les Sahraouis n’ont pas construit leur cause autour d’aventures extérieures. Ils ont appris, dans l’épreuve, une vérité difficile : ce qui est gagné rapidement dans le conflit d’autrui se perd souvent bien davantage par la suite.

C’est pourquoi les parlementaires américains devraient accomplir un geste élémentaire avant d’aller plus loin : lire. Comparer la logique politique de la monarchie marocaine, fondée sur l’allégeance au trône et une autorité centralisée, avec la tradition républicaine et de libération qui a façonné l’identité politique sahraouie. Comparer un système organisé autour de la bay‘ah – une loyauté structurée envers un monarque – avec un mouvement national qui se définit par la lutte anticoloniale, le sacrifice collectif et l’autodétermination. On peut toujours choisir un camp, mais aucun sénateur ne devrait prétendre que ces projets sont moralement, juridiquement ou historiquement interchangeables.

Une grande Amérique ne peut être représentée par la seule puissance. Elle doit aussi l’être par des standards. Ceux qui parlent au nom des Etats-Unis doivent posséder la profondeur éthique et juridique qu’exige un pays dont les décisions peuvent influer sur le destin de peuples éloignés. Faute de quoi, l’Amérique ne se contente pas de décevoir les autres : elle se diminue elle-même.

Le Congrès affaiblit sa propre autorité lorsqu’il s’exprime sur le Sahara Occidental sans rigueur, humilité ni respect des faits. Il s’affaiblit davantage encore lorsque des récits étrangers semblent trouver à Washington non pas un examen critique, mais une répétition complaisante. Si les Etats-Unis veulent rester autre chose qu’une puissance redoutée – s’ils veulent demeurer respectés –, ils doivent exiger de leurs élus ce qu’ils demandent au monde : sérieux, honnêteté et responsabilité face au pouvoir.

La presse américaine, les milieux politiques et la communauté intellectuelle ont également un rôle à jouer. Ils doivent observer de près leurs responsables lorsqu’ils s’expriment sur des populations vulnérables, des territoires contestés et des conflits lointains. La responsabilité démocratique ne s’arrête pas aux élections. Elle suppose un examen public, une mémoire institutionnelle et la volonté de s’interroger sur l’origine d’un récit, les intérêts qu’il sert et la réalité juridique qu’il ignore.

Car lorsqu’une institution puissante cesse de rechercher la vérité pour répéter ce qui est utile, elle ne porte pas seulement atteinte à des populations vulnérables. Elle abandonne aussi une part de sa propre autorité morale.

M. E.

Ecrivain sahraoui indépendant et défenseur des droits humains

6 Commentaires

  1. Ne rien attendre des USA déjà qu’au niveau interne ils sont dans la merde santé économie logement…alors leur politique étrangère faite de massacres et mensonges.
    Il faut continuer la lutte armée et le lobbying.
    Lors de la reconnaissance par Trump de la reconnaissance de la soi-disant marocanité du Sahara Occidental par SMS John Bolton à dit en décembre 2020 « il serait pleinement justifié que le POLISARIO retourne sur le champ de bataille ».
    FREE NAÂMA ASFARI
    FREE WESTERN SAHARA

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  2. MR Elbaikam…….un tel rappel à la Sagesse qui devrait présider au Actes Politiques surtout lorsqu ils impactent sur les relations internationales ( même extrêmement intéressés ) d un pays comme les USA , est un Appel dans le ………………….Sahara .
    L Histoire contemporaine des USA depuis la mort de JFK n a été qu une suite de DÉRIVES Mafieuses portées par des véritables gangsters Incultes Crasseux Corrompus et ce , à tous les niveaux des Institutions Américaines . Ces Dérives ont été l Essence même de la Politique Étrangère des Yankees ( les Aveux tous nouveaux d anciens de la CIA et du Pentagone sont on ne peut plus clairs ) SOUMISE ENTIÈREMENT aux Objectifs NAZIS de la Secte Nazisioniste qui , IL FAUT le rappeler Encore , a ASSASSINÉ JFK qui a Exigé des Éclaircissements sur la Bombe nucléaire de l Entite Nazisioniste ( réalisée grâce à la Trahison des Socialistes Français ) en 1963 ……….il est Assassiné en Novembre 1963 impliquant 2 …………..Juifs Nazisionistes d Europe centrale américanisés.

    L IRAN , Produit d une civilisation millénaire , a compris à qui ELLE a Affaire et réagit en conséquence .
    Même si le Peuple Sahraoui , n a pas les Atouts que possède l IRAN , Il a le Socle vivifiant d une Lutte Légitime : la volonté de se battre sur sa Terre pour chasser les Esclaves des……………………Gangsters Ignares , Crasseux , Corrompus et surtout Lâches.

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  3. Bonjour
    Vous parlez de ces personnages qui ne savent même pas ou se trouve le SAHARA OCCIDENTAL (pourquoi occidental ?) , ne connaisse pas la culture des Sahraouis .
    Je répète le journal patriotique est lu dans le monde entier ce commentaire sera lu ou une information leur sera faite .

    Hey bien qu’ils sachent qu’ils sont démasqué ,qu’ils sachent qu’ils portent une lourde responsabilité ,que nous savons pourquoi et pour quel objectif ils prennent de telle position en contradiction d’un droit qu’ils bafouent sciemment.

    Nous sommes Algériens nos souffrances sont les mêmes souffrances que subissent les Saharaouis que ces Américains comprennent qu’ils touchent a nos frères et nous ne restons et resterons pas les bras ballants a leurs menaces .
    Qu’ils réfléchissent s’ils en sont capable pour notre part Algérien il n’ y a rien a attendre de ce peuple de brute et la nécessité d’agir et nous agissons dés maintenant .
    VIVE LE PEUPLE SAHARAOUI VIVE L’ALGERIE .

    N’ayez pas peur faite comme moi écrivez leurs en masse qu’ils comprenne qui nous sommes .

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  4. Les.senateurs et autres représentants aux USA sont libres.d exprimer leur position
    D ailleur ils sont souvent sous l emprise se loobies puissant et des intérêts financiers pour être élu
    Quant aux Sahraoui la voie de la liberté est claire
    L ALN aussi était traite de terroriste
    Donc ne rien attendre …et lutter

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  5. Les valeurs démocratiques des états-unis ne sont qu’hypocrisie et cynisme. Ils bafouent ostensiblement le droit international. Ils n’ont que faire des nations et des peuples de ce monde. Ils ont causé la mort de millions de personnes. Ce n’est pas chez eux qu’il faut chercher la vérité. Le pays de la liberté n’a aucune crédibilité. Plus rien n’a de sens quand on décide de marcher sur la tête.

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  6. Ted Cruz & Washington sont comme Souk El Aasr & nos Tomates! Le PLUS OFFRANT LES ACHÈTE! Il y a peu NYTimes (je paraphrase): « Charlie Kirk tapait AUSSI sur les Juifs/Israel AU DEBUT! Il y eut des DONATEURS JUIFS & il change sa « Vision/Foi. »

    Pareil chez « Les Evangeliques », un MAGMA de TOUT & Megachurches qui sont 1 super BUSINESS! Les Charlatans de nos Souk sont RIEN á coté! Je crois, Israel les a INFILTRÈ tel jadis LGBT qui a DEMASQUÈ la MANIPULATION & FOURBERIE!

    LGBT critiquait Felestin auparavant! PLUS maintenant! Pourquoi ma Fixation sur LGBT? SUPER Lobby!

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