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Le réalisateur britannique Richard Sanders : «L’Algérie française, c’est un Israël raté»

Par M. Aït Amara – Dans un long entretien avec le réalisateur et journaliste britannique Richard Sanders, réalisé par l’essayiste Félix Marquardt, une réflexion géopolitique sur l’Algérie apparaît au détour d’une analyse plus large des héritages coloniaux et des tensions internationales. «L’Algérie française, c’est un Israël raté», a-t-il fait constater. Cette formule est mobilisée pour illustrer une lecture du colonialisme de peuplement et des continuités historiques entre plusieurs espaces postcoloniaux, notamment en Europe et en Afrique du Nord. Elle renvoie également aux difficultés persistantes de la France à interroger son passé colonial et ses relations avec l’Algérie.

Cette comparaison s’inscrit dans une lecture historique des XIXe et XXe siècles, marqués par la colonisation de l’Algérie par la France à partir de 1830. Une colonisation qui ne s’est pas limitée à une présence militaire, mais a reposé sur une installation durable de populations européennes, une appropriation massive des terres et la mise en place d’un système politique et juridique profondément inégalitaire entre colons et populations autochtones. L’Algérie est ainsi devenue, pendant plus d’un siècle, un espace structuré par une logique de domination coloniale de peuplement, où les droits politiques et sociaux étaient strictement hiérarchisés.

La guerre de Libération nationale a ensuite marqué l’aboutissement de cette configuration coloniale. Conflit extrêmement meurtrier, elle a été caractérisée par une guerre asymétrique, des opérations militaires de grande ampleur, ainsi que des pratiques de répression et de torture que la France néocoloniale admet au compte-gouttes, par calcul machiavélique. L’indépendance n’a pas seulement mis fin à la domination coloniale française, mais a laissé derrière elle des fractures politiques, mémorielles et diplomatiques qui restent sensibles dans les relations algéro-françaises à ce jour.

L’échange s’inscrit dans une conversation plus vaste consacrée aux dynamiques politiques contemporaines, aux médias et aux conflits internationaux. Richard Sanders, documentariste d’investigation ayant travaillé pendant plusieurs décennies pour la télévision britannique et pour des productions indépendantes, revient d’abord sur son parcours et sur ses récents travaux pour des médias alternatifs, notamment sur la guerre à Gaza.

Il décrit une évolution profonde du traitement médiatique des conflits. Selon lui, certaines réalités «évidentes» sont progressivement transformées en objets de débat, au détriment d’une lecture factuelle. Il critique en particulier ce qu’il appelle un «faux équilibre» journalistique : «Au lieu de suivre les faits, on choisit de se placer entre deux récits, comme si la vérité était toujours à mi-chemin», affirme-t-il, à propos de la couverture occidentale de la situation à Gaza.

L’entretien revient également sur le Royaume-Uni et la crise politique ayant entouré l’ancien leader travailliste Jeremy Corbyn. Sanders évoque une «utilisation stratégique» des accusations d’antisémitisme, qu’il décrit comme ayant servi à fragiliser durablement une partie de la gauche britannique. Selon lui, cette séquence a contribué à reconfigurer en profondeur le paysage politique du pays et à marginaliser des courants entiers du parti travailliste.

La critique s’étend ensuite aux médias dominants, en particulier la BBC, accusée de privilégier une impartialité formelle au détriment d’une enquête rigoureuse. Cette approche, selon lui, entretient une confusion entre faits établis et interprétations politiques, notamment sur les conflits internationaux.

L’entretien aborde aussi la question de la répression des mobilisations militantes en Europe. Le cas du groupe Palestine Action, récemment interdit au Royaume-Uni, est présenté comme un exemple de l’élargissement des législations antiterroristes à des formes d’action directe non violente. Sanders y voit une tendance préoccupante à la restriction des libertés publiques sous couvert de sécurité.

M. A.-A.

11 Commentaires

  1. «L’Algérie française, c’est un Israël raté» avance Richard Sanders.

    Reconnaissons que c’est grâce au « travail productif » des autochtones que les colons sont restés minoritaires et qu’ils n’ont pas pu s’imposer par le nombre et que l’Algérie française s’est transformée, grâce la lutte des indigènes, en Algérie algérienne.

    En termes crus, si les autochtones n’avaient pas intensifié la production de bambinos, les massacres perpétrés par la puissance coloniale auraient décimé la population locale et auraient permis aux colons de s’imposer par le nombre.

    Moralité de l’histoire: il n’y en a aucune, à part que lorsqu’un peuple est colonisé:
    – il ne doit, en aucun cas, fuir sa terre
    et
    – il doit multiplier les séances de « crac crac » pour augmenter, d’une manière exponentielle, la population indigène.

    Wa el fahem yefhem

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  2. En 1830 l’Algérie à été une poubelle de toute la racaille française et des pays du sud méditerranéens, en 1962 toute ces racailles ont rejoins leurs poubelles d’origines.

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  3. Les nazis du IIIème Reich se sont inspirés de l’armée française qui dès 1830 a procédé en Algérie aux crimes les plus barbares dont l’objectif était d’effacer l’identité Algérienne sous toutes ses formes.
    Il faut rappeler que le peuple Algérien est le seul peuple parmis tous les arabo-bérbères à avoir arraché son indépendance au prix du sang et du sacrifice à travers une Guerre de Libération Nationale jusqu’à l’aboutissement d’une Algérie libre,souveraine et indépendante et ce grâce à la détermination et au courage de nos valeureux chahids qui ont mis en échec les velléités et les visées coloniales de la france et de ses colons qui se sont retrouvé face à deux choix imposés par les Algériens:
    La valise où le cercueil

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  4. Tout à fait c’est une évidence, tout comme les États-unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont une Algérie française parfaitement aboutie et réussie.

    Il faut le garder à l’esprit et rejeter le formatage de la propagande hollywoodienne qui est une véritable arme impérialiste et néocoloniale.

    Cela me choque de voir des Algériens admiratif et séduit par les États-unis. C’est un pays aux antipodes de l’Algérie, de notre identité et de nos valeurs.
    Et qu’on ne me parle pas de JFK, faut arrêter d’être naïf.

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  5. Pourquoi ce titre provocateur? Comme si le régime criminel telavivien était une réussite. Même si je comprends la réflexion de ce réalisateur britannique. L’entité sioniste est un échec. Elle a failli. Elle n’arrivera pas à s’imposer par la force. Elle a démontré que son idéologie est une idéologie de mort.

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