Une contribution d’Ali Akika – De mardi 26 à samedi 30 mai, la résistance libanaise s’est opposée aux avancées de l’armée israélienne avec succès. Deux villes importantes du nord ont été bombardées : Kiryat Shmona a reçu une salve de roquettes tandis que Safed a été touchée par un missile. Cette intense activité militaire est à l’origine de la réunion annoncée pour ce dernier week-end du ministre de la Défense et du chef d’état-major autour de Netanyahou. C’est à l’évidence le signe que la situation militaire est quelque peu mouvante et que Netanyahou semble être pris en étau entre un Trump embourbé dans ses négociations avec l’Iran, qui exige un cessez-le-feu au Liban, et la résistance libanaise potentiellement capable de rééditer son exploit de 2006.
Les nouvelles données de cette semaine vont faire rire jaune ces sectes qui éructaient des phrases sur la décapitation du Hezbollah. Oui, on aimerait les entendre sur la résistance libanaise, ces hâbleurs de la désinformation, ces gratte-papiers de la manipulation qui pardonnent tout à leurs maîtres, lesquels violent le droit international, commencent leurs guerres en bombardant une école de jeunes filles ou bien massacrent et affament des populations sans défense comme à Gaza, et peut-être demain le Cuba Si, Yankee No. Ils ne bougeront pas le petit doigt, car Castro et le Che sont restés en travers de leur gorge. Mais revenons à la résistance libanaise pour comprendre pourquoi elle est toujours là et le restera.
Après la dernière trêve signée à Gaza en octobre 2025, la résistance libanaise ne pouvait pas continuer à soutenir militairement les Palestiniens de Gaza. Le gouvernement libanais, sous la double pression militaire d’Israël et de Trump avec sa «conférence de la paix» pour Gaza, signa un nouveau cessez-le-feu avec Israël, qui exigeait le désarmement du Hezbollah, lequel refusa naturellement ce diktat. Il se mit à réparer les dégâts subis et à s’entraîner sous le feu de l’ennemi qui ne respectait pas le cessez-le-feu. Le Hezbollah patienta sans répondre aux bombardements des populations jusqu’au déclenchement de l’agression américano-israélienne contre l’Iran.
Ainsi, le 28 février, début de l’agression contre l’Iran, la résistance libanaise se joignit tout naturellement au champ de bataille de l’Iran agressé. Le monde découvrit que non seulement le Hezbollah n’était pas mort, mais qu’il était suffisamment fort et brave pour déclencher la rage d’Israël et faire taire les blancs-becs de journaleux qui s’étaient réjouis trop tôt de sa supposée disparition. Et ce n’était pas fini, car la résistance réservait encore des surprises à ce petit monde qui se targue que ses «analyses» ont valeur de décret divin.
Le Hezbollah montra, aux côtés de l’Iran, la bravoure de ses combattants qui, par deux fois, avaient chassé l’ennemi du sud du pays. De nos jours, il est en train de démontrer sa maîtrise des technologies nouvelles adaptées à ses capacités d’armée de l’ombre et d’adapter sa stratégie face à un ennemi qui utilise abondamment sa supériorité aérienne. Parmi les armes de la résistance qui terrifient l’ennemi, il y a d’une part le drone indétectable, car relié par un simple fil de fibre optique à l’opérateur-combattant qui le guide. D’autre part, le Kornet, missile russe antichar redoutable, est manié avec intelligence tactique par les combattants contre le Merkava, ce qui explique le nombre inhabituel de ces chars détruits.
Avec ces armes, les combattants ont inventé de nouvelles tactiques qui surprennent l’ennemi, lequel, pour l’heure, n’a pas trouvé de réponse à y opposer. Cette nouvelle situation sur le champ de bataille, créée par la résistance, explique la rage d’Israël qui s’acharne à détruire des villages pour empêcher la résistance de tendre des embuscades et permettre à l’armée israélienne d’avancer sans grand danger. A cette tactique israélienne, la résistance répond par une vieille tactique de guérilla consistant à chercher le contact avec l’ennemi jusqu’à livrer des batailles au corps à corps. Cette tactique consistant à coller à l’ennemi empêche l’aviation de bombarder le champ de bataille.
C’est pourquoi on lit ou entend les journalistes rapporter de féroces batailles sans pouvoir expliquer cette nouvelle tactique qui a créé une nouvelle situation militaire sur le terrain. De toute manière, la plupart de ces journalistes voient dans l’armée d’occupation la meilleure du monde, à l’image des fanfaronnades de Trump. En tout cas, si la situation militaire échappe à «nos» habituels experts, elle n’échappe pas à certains journalistes et à d’anciens officiers israéliens à la retraite qui relatent les difficultés de leur armée face aux drones et la vulnérabilité de leurs chars Merkava.
C’est pourquoi le chef en personne de l’état-major a publiquement déclaré que l’armée israélienne risque l’effondrement. En dépit de cette déclaration, la secte de la désinformation est restée muette devant pareil aveu. Pourtant, il y a matière à nourrir des articles de presse sur la situation politique, économique et militaire d’Israël. La secte ne le fait pas pour ne pas déprimer l’opinion, car, disent-ils, l’information est une arme de guerre destinée à protéger nos amis. Dont acte !
Conclusion. L’annonce du franchissement du fleuve Litani par l’armée israélienne, qui ouvrirait la route en direction de Beyrouth, si l’information est vérifiée et confirmée, nous place face à une fuite en avant de désespérés. Alors que, depuis le 28 février, début de la guerre, la résistance libanaise livre bataille à l’intérieur d’Israël par drones et roquettes et organise embuscades et assauts au corps à corps dans le sud du Liban, Israël franchit le fleuve Litani en laissant derrière lui le Hezbollah qui paralyse la vie des colons.
La réunion autour de Netanyahou citée plus haut va sans doute réparer la «brillante» manœuvre du franchissement du fleuve Litani. Cette conduite de la guerre rappelle les fanfaronnades de Trump, qui est à la recherche d’un trophée pour pouvoir crier victoire et se retirer satisfait de lui-même. La résistance libanaise ne fera pas ce cadeau à un Netanyahou embourbé dans la vie politique interne et lâché par un Trump qui ne lui pardonnera pas de l’avoir entraîné dans la mésaventure iranienne.
Ce qui est sûr, c’est qu’Israël ne peut plus espérer entraîner les Etats-Unis dans ses guerres et lubies, car la crise énergétique et économique, qui n’est certainement pas passagère, va rendre plus difficile la compétition des Américains avec la Chine si l’on se réfère à la rencontre de Trump avec le président chinois, qui n’a rien cédé à son hôte.
A. A.
P.-S. : Un agent du Mossad a écrit un «roman» sur l’opération des «pagers», résumé dans un journal israélien. Cette opération a consisté à infiltrer, avec de bons arguments et les délices des «tentations», les chaînes de fabrication et de distribution de «pagers», appareils de communication auprès desquels s’approvisionnait le Hezbollah. Le Mossad acheta des stocks qu’il transporta dans ses ateliers, où ses agents introduisirent des puces explosives dans lesdits appareils. Le Mossad les remettait ensuite au distributeur «attitré» du Hezbollah : mission accomplie.
On devine les moyens déployés à Beyrouth ou à Chypre, ces nids d’espions où tout peut s’acheter à condition d’y mettre le prix, pas forcément en monnaie sonnante et trébuchante. Cela a suffi à nos «experts» pour s’émerveiller, louer et classer cette opération parmi les plus extraordinaires de l’histoire des services de renseignement. Ignorance ou servilité, quand tu nous tiens !


