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Ilan Pappé : «Le modèle de l’Etat sioniste est entré dans une phase de déclin»

Par Kamel M. – L’historien israélien Ilan Pappé, figure majeure du courant des nouveaux historiens qui contestent depuis les années 1980 le récit officiel de la création d’Israël, estime que le pays traverse les premières étapes d’un déclin politique et moral profond. Dans un entretien accordé à la journaliste Meritxell Freixas, l’universitaire, aujourd’hui professeur à l’Université d’Exeter au Royaume-Uni, affirme que la communauté internationale, et en particulier l’Union européenne, dispose des moyens d’infléchir le cours du conflit israélo-palestinien.

Pour Pappé, le soutien inconditionnel accordé par les Etats-Unis à Israël sous le second mandat de Donald Trump constitue un élément central de la situation actuelle. Toutefois, il considère que cette alliance pourrait s’affaiblir à moyen terme. Selon lui, une partie croissante de la société américaine, y compris au sein du Parti démocrate, se montre désormais plus sensible à la cause palestinienne. Il voit dans cette évolution le signe d’un changement historique qui pourrait, à terme, affecter également la position internationale d’Israël.

L’historien développe dans son dernier ouvrage, La fin d’Israël, l’idée que le modèle de l’Etat sioniste ne pourra pas se maintenir indéfiniment. Il estime que les tensions internes, l’isolement diplomatique croissant et les coûts économiques et militaires de l’occupation finiront par fragiliser durablement le pays. Ce processus, prévient-il, sera lent et pourrait s’étendre sur plusieurs décennies.

Contrairement à ceux qui défendent encore la solution à deux Etats, Pappé plaide pour la création d’un Etat unique, démocratique et laïque, où Palestiniens et juifs disposeraient des mêmes droits. Selon lui, la transformation ne viendra pas d’Israël lui-même mais d’une pression extérieure accrue. Il cite notamment le rôle que pourraient jouer les pays arabes, les Etats-Unis et l’Union européenne.

A ses yeux, les initiatives diplomatiques actuelles restent largement insuffisantes. Bien qu’il salue les procédures engagées devant la Cour pénale internationale contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et l’attention croissante portée aux accusations de crimes de guerre et de génocide à Gaza, il doute de leur efficacité immédiate. Le droit international, affirme-t-il, manque aujourd’hui des moyens nécessaires pour contraindre Israël à modifier sa politique.

La mesure la plus susceptible d’avoir un impact réel serait, assure-t-il, l’adoption de sanctions économiques. «Si l’Union européenne imposait à Israël la moitié des sanctions qu’elle applique à la Russie, elle sauverait la vie de milliers de Palestiniens», affirme-t-il. Pappé établit un parallèle avec l’Afrique du Sud de l’apartheid, où les sanctions internationales avaient contribué à faire tomber le régime ségrégationniste.

Malgré la gravité de la situation à Gaza, l’historien se dit encouragé par l’ampleur sans précédent du soutien international à la cause palestinienne. Il estime cependant que les divisions du mouvement national palestinien empêchent pour l’instant de transformer cette solidarité mondiale en avancées politiques concrètes. Pour lui, la période actuelle représente néanmoins une occasion historique qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle configuration politique au Proche-Orient.

K. M.

1 Commentaires

  1. Trop, c’est trop ! Nous ne voulons plus voir nos forêts et nos cultures s’embraser, ni nos usines et nos sites industriels se changer en cendres. Nous refusons que les drogues et substances psychotropes envahissent notre société et exposent nos enfants aux dangers de ces poisons — que tous ces Bousbiriens soient expulsés sans délai ni exception vers Bousbir, auprès de leur Moh el Rondilla the insignificant faggot kinglet of Lyauteyzriba.

    Le Conseil a parlé. Le Conseil a tranché : tous les Babouins seront expulsés. L’accès à la Cité leur sera interdit à jamais.

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