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Nationalité espagnole pour les Sahraouis : Madrid assène une gifle cinglante au Makhzen

Par Kamel M. – Le gouvernement espagnol vient de franchir une étape importante dans le dossier de la nationalité des Sahraouis nés sous administration espagnole. Selon le média espagnol El-Independiente, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s’est déclaré «totalement favorable» à l’octroi de la nationalité espagnole aux Sahraouis nés au Sahara Occidental avant le retrait de l’Espagne en 1976.

Cette déclaration met fin à plus de deux années de blocage politique autour d’une proposition de loi portée par Sumar, partenaire du PSOE au sein de la coalition gouvernementale. Le texte, resté jusqu’ici dans les tiroirs du Congrès, devrait désormais reprendre son parcours législatif. Toujours selon El-Independiente, une nouvelle réunion de la commission parlementaire est attendue dans les prochains jours, avec un vote qui pourrait intervenir lors d’une séance extraordinaire du Congrès le 23 juillet.

Pour les Sahraouis concernés, cette évolution représente une avancée majeure. La future loi reconnaîtrait le lien historique qui unit ces populations à l’Espagne, puissance administrante du Sahara Occidental. De nombreux Sahraouis, souvent confrontés à un statut d’apatride ou à des procédures administratives complexes, pourront ainsi accéder plus facilement à la nationalité espagnole. Au-delà de son aspect administratif, cette reconnaissance constitue un geste fort envers un peuple dont les droits historiques restent au cœur du conflit du Sahara Occidental sous illégale occupation marocaine.

Sur le plan politique, cette évolution constitue également un revers pour le Maroc. Depuis plusieurs années, le régime de Rabat s’efforce de convaincre Madrid que la question du Sahara Occidental est désormais définitivement réglée dans le cadre de son hypothétique plan d’autonomie. Or, en ouvrant la voie à l’octroi de la nationalité espagnole aux Sahraouis nés sous administration espagnole, le Parlement espagnol reconnaît explicitement l’existence d’un lien juridique, historique et politique particulier entre l’Espagne et le peuple sahraoui. Une telle démarche va à l’encontre de la stratégie marocaine visant à banaliser, voire à effacer cette responsabilité historique de l’ancienne puissance administrante.

Le déblocage de cette proposition de loi apparaît également comme un premier infléchissement de la ligne adoptée par le gouvernement de Pedro Sanchez depuis son spectaculaire revirement diplomatique de 2022 en faveur du plan d’autonomie marocain. Si l’exécutif espagnol ne remet pas officiellement en cause cette position, le soutien affiché par José Manuel Albares à cette initiative parlementaire, obtenu sous la pression des partenaires de coalition du PSOE, démontre que ce changement de cap n’empêche pas les institutions espagnoles de prendre des mesures concrètes en faveur des droits des Sahraouis. A ce titre, cette avancée est indubitablement une victoire politique pour la cause sahraouie et un premier recul clair de la stratégie diplomatique favorable aux positions du Makhzen.

L’adoption définitive du texte n’est pas encore acquise, mais le soutien public du chef de la diplomatie espagnole constitue une étape décisive. Après des années d’attente et de blocage, les Sahraouis concernés voient enfin s’ouvrir une perspective concrète de reconnaissance juridique et historique par l’Espagne. Si le vote prévu le 23 juillet confirme cette orientation, il marquera une avancée importante dans la reconnaissance des droits des Sahraouis nés sous administration espagnole et un pas supplémentaire vers de nouvelles victoires du Sahara Occidental sur le plan international.

K. M.

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