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Une ONG irlandaise alerte sur l’état critique du militant sahraoui Naâma Asfari

L’organisation internationale Front Line Defenders a lancé un appel urgent dénonçant les conditions de détention inhumaines et les actes de torture subis par le défenseur des droits humains sahraoui Naâma Asfari. Actuellement à sa troisième semaine d’une grève de la faim illimitée dans la prison de Kénitra au Maroc, l’état de santé du détenu politique suscite une vive inquiétude.

L’ONG basée en Irlande exige la libération immédiate d’Ennaâma Asfari, dont elle qualifie l’incarcération d’«arbitraire et illégale». Ce dernier a cessé de s’alimenter le 8 juin 2026 pour contester son sort et réclamer l’application du droit international. Ce cri d’alarme remet en lumière le traitement particulièrement lourd infligé au militant sahraoui depuis son arrestation en 2010.

Le calvaire du militant sahraoui se poursuit aujourd’hui au sein de l’infirmerie de la prison de Kénitra. L’ONG irlandaise dénonce un quotidien marqué par des mesures de rétorsion continuelles et un isolement strict. Le détenu ne dispose que d’une seule heure de sortie par jour en plein air. Le reste du temps, il subit des mauvais traitements psychologiques à travers la privation de biens de première nécessité essentiels à la dignité humaine : sa cellule est dépourvue de chaise, de table, et même de lampe.

Cette situation de harcèlement se double d’une négligence médicale volontaire de la part des autorités pénitentiaires. Alors qu’il a déjà perdu plus de 5 kilogrammes depuis le début de sa grève de la faim, et qu’il avait déjà mené trois grèves préventives en mai dernier, aucun suivi médical digne de ce nom ne lui est accordé.

Front Line Defenders condamne fermement ces actes de représailles et ce traitement discriminatoire visant spécifiquement les militants sahraouis. L’organisation exhorte le Maroc à respecter la Convention des Nations Unies contre la torture en autorisant immédiatement des médecins indépendants à l’examiner, et en ouvrant une enquête impartiale sur les sévices infligés à Asfari.

Front Line Defenders rappelle que Naâma Asfari, vice-président du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara Occidental (CORELSO), a été arrêté la veille du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Détenu au secret dans un lieu inconnu pendant cinq jours, le militant a été maintenu les yeux bandés et les mains menottées, subissant de graves sévices physiques et psychologiques. C’est sous cette torture généralisée que les autorités lui ont extorqué des aveux et des déclarations qu’il a été contraint de signer, des documents qui ont servi de base unique à sa lourde condamnation à 30 ans de prison en 2017.

K. B.-H.

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