Par Kahina Bencheikh El-Hocine – Elles se font humilier et agresser dans une société de plus en plus indifférente, voire permissive. Qu’arrive-t-il à la société algérienne ?
Que ce soit dans la réalité ou sur les réseaux sociaux, qu’elle soit une femme ou une enfant, l’Algérienne subit, ces dernières années, un discours de haine parmi les plus virulents. Ce discours d’un autre âge résonne jusque dans nos mosquées, censées véhiculer un message de paix et de miséricorde. Les salaires, les primes et la couverture sociale de certains de leurs prédicateurs ne sont-ils pas prélevés directement sur le budget de l’Etat et, par extension, sur les contribuables, parmi lesquels figurent les femmes ? Plus grave encore, ils signent là un blanc-seing aux intégristes, leur donnant le champ libre pour sévir, souvent relayés par des chaînes de télévision aussi débilitantes que complices.
Si le terrorisme a été vaincu, l’idéologie intégriste continue de miner la société. Feu le général Mohamed Lamari avait souligné que, si le terrorisme avait été battu sur les plans militaire et sécuritaire, le combat contre l’idéologie intégriste et extrémiste qui l’alimentait était loin d’être terminé. Cette déclaration demeure d’une brûlante actualité, un quart de siècle plus tard.
Les islamistes ne se cachent plus. Ils s’affichent désormais à visage découvert et revendiquent ce discours sexiste en se parant de l’habit religieux, défiant les lois de la République.
C’est d’autant plus inquiétant que cela rappelle les années 1990, où les femmes étaient déjà la cible privilégiée des intégristes islamistes. Le pays aurait sombré dans le chaos le plus total n’eût été le dévouement de l’ANP, des patriotes et de la société civile.
Quand l’Etat algérien a repris le contrôle du pays face aux groupes armés, les résidus du FIS dissous se sont terrés. On ne les voyait plus. On ne les entendait plus. Leur accoutrement d’un autre âge disparaissait peu à peu de la circulation. L’Algérie respirait de nouveau la paix et la tranquillité.
Malheureusement, cette tranquillité fut de courte durée. C’était sans compter sur leur faculté à resurgir, tels des parasites tapis dans l’ombre. Et voilà que leur accoutrement réapparaît au grand jour et, avec lui, le même discours intégriste et misogyne.
Leurs méfaits sont considérables et se mesurent à travers la Toile. Ce sont, en général, des incultes au cerveau corrompu qui déblatèrent en usant, à tort et à travers, de la religion pour attirer la sympathie du plus grand nombre. Conscients qu’il suffit de citer les textes sacrés pour rallier une foule terrorisée par le châtiment divin, ces ignares utilisent le Coran pour manipuler les esprits, y compris les plus cultivés.
Et la manipulation réussit, car, pour eux, l’esprit critique est haram.
Ils refusent absolument tout à la femme, qu’elle soit voilée ou non. Elle se voit traitée de âahira (débauchée) parce qu’elle travaille, fait du sport, conduit ou, tout simplement, parce qu’elle existe dans l’espace public.
Les discours que l’on entend ici et là sur les femmes donnent froid dans le dos. Mais le plus préoccupant demeure l’assurance avec laquelle ils les menacent, comme si l’Etat de droit était inexistant, alors même que la Constitution et le Code pénal sanctionnent sévèrement le harcèlement et les agressions contre les femmes.
Pour eux, l’équation est d’une simplicité affligeante : enfermez-la à double tour et enterrez cette femme que vous ne sauriez voir ! Quant aux hommes qui ne contrôlent pas leurs femmes, leurs sœurs ou leurs filles, ils sont aussitôt qualifiés de dayouth (homme sans honneur). Rien que ça !
La ferme répression entreprise par l’Etat contre les bandes de quartier a été saluée par l’écrasante majorité. Les femmes algériennes demandent à l’Etat la même intransigeance envers ces prédicateurs sur Internet qui veulent nous ramener aux années de braise et l’appellent à mettre fin à cette misogynie en ligne. Le souvenir douloureux de la décennie rouge demeure toujours vivace dans nos mémoires.
Des appels ont été lancés sur la Toile pour une prise en charge sérieuse par l’Etat de ces prédicateurs de malheur. Il est navrant de le dire, mais les femmes en Algérie ne se sentent plus en sécurité. Les agressions qui les ciblent sont devenues légion. On veut les priver de leur droit le plus élémentaire : celui de vivre. Devrions-nous donc nous excuser d’exister ?
K. B.-H.

Ce n’est pas l’habit qui fait le religieux. Il ne faut pas se fier aux apparences. Beaucoup de pervers s’en prennent aux femmes car ils ont des problèmes personnels qui relèvent du pathologique. La lutte contre les discours rétrogrades par les moyens de l’intelligence de l’esprit.
Super article, entièrement d’accord, il faut que les autorités agissent et vite avant la propagation de ce fléau qui nourrit un agenda international
La meilleur réponse de la femme algérienne aux intégristes, aux barbus et autres attardés viendra d’abord de l’éducation que la mère donnera à son fils et à sa fille.
Pour le garçon, faire la cuisine, la vaisselle n’est pas un signe de faiblesse mais une compétence nécessaire et utile quand la maman ou l’épouse n’est pas disponible, que l’on est seul à l’étranger pour une longue période et que notre cuisine nous manque; pour la fille il serait bon que le mariage ne soit plus un gouffre financier et l’endettement pour le promis.Une solution serait de s’inspirer de l’Orfe de Sidi Maamar.
Le mariage doit être le lieu de convergence de 2 personnalités unies par un désir commun de réussir leur vie de famille.
L’article met en exergue la femme comme cible privilégiée de cette offensive idéologique. Elle devient l’écran de projection des peurs et des frustrations d’une frange de la société qui refuse l’émancipation et la modernité. Le discours misogyne se manifeste par l’instrumentalisation du sacré : des prédicateurs, parfois financés par l’État, utilisent les textes religieux pour justifier l’exclusion et la soumission de la femme, qualifiant l’esprit critique de haram . Cette dérive théologique pervertit le message de paix et de miséricorde de l’islam, le transformant en un instrument de coercition sociale. S’y ajoute la rhétorique de la honte et de l’honneur : l’emploi de termes comme dayouth vise à discréditer les hommes qui soutiennent l’autonomie féminine, créant une pression sociale insoutenable et divisant la société sur des bases archaïques.
C’est une tentative de restaurer un ordre patriarcal où la femme est une propriété à contrôler, non une citoyenne à respecter. Enfin, le projet d’invisibilisation : la volonté d’« enfermer la femme à double tour » n’est pas seulement une métaphore, mais un projet politique et social visant à l’effacer de l’espace public, à nier son existence en tant qu’individu libre et acteur de son destin. Cette régression menace les acquis de décennies de lutte pour l’égalité et la reconnaissance.Le texte soulève une question cruciale : celle de la responsabilité de l’État. Comment concilier une Constitution qui garantit les droits des femmes et un Code pénal qui sanctionne le harcèlement et les agressions, avec une impunité apparente des propagateurs de haine ? Le paradoxe est saisissant.
Alors que le sentiment d’insécurité des femmes est croissant et que les agressions sont devenues « légion », l’exigence citoyenne est claire : une application rigoureuse des lois et une protection effective dans l’espace public et numérique. Face à des prédicateurs extrémistes actifs, parfois avec une légitimité institutionnelle, la société attend une régulation et un contrôle des discours, ainsi que la promotion d’un islam éclairé et tolérant. La justice, malgré des lois existantes, est perçue comme lacunaire face à la misogynie en ligne, et l’État est appelé à faire preuve de la même intransigeance que celle déployée contre les bandes de quartier.
L’État algérien, qui a su faire preuve de fermeté face aux menaces physiques, est interpellé aujourd’hui sur sa capacité à défendre les fondements de la citoyenneté face à une menace idéologique. La protection des femmes n’est pas une option, mais un impératif républicain.La question finale de l’article – « Devrions-nous donc nous excuser d’exister ? » – est un cri du cœur, un appel à la conscience collective. Elle condense la souffrance et la résilience des femmes algériennes face à une violence qui cherche à les nier. Ce n’est pas seulement un plaidoyer pour les droits des femmes, mais pour le droit de chaque citoyen à exister pleinement, sans entraves ni menaces, dans une société qui valorise la diversité et le respect mutuel.
L’Algérie, forte de son histoire et de sa jeunesse, a le devoir de se réapproprier les valeurs de progrès et de tolérance. La lutte contre la misogynie et l’intégrisme est une bataille pour l’avenir, pour une citoyenneté algérienne sans entraves, où la femme est reconnue comme une actrice essentielle de la construction nationale, et non comme une entité à soumettre ou à effacer. C’est dans cette reconnaissance mutuelle que réside la véritable force d’une nation.
Le discours intégristes est bien connu ; par sa faiblesse intellectuelle et culture, il s’en prend aux plus faibles et aux plus fragiles. Où subit le terrorisme intégriste, si ce n’est que dans les pays pauvres et faibles?Alimenté par des propagandes venues d’orient, ce discours est dangereux et funeste pour un pays comme l’Algérie, qui aspire à la liberté et au bienêtre de sa population. Leur discours venu du fin fond de l’âge des ténèbres se heurte à celui des lumières que les savants musulmans nous ont laissé. Nul doute que leur discours sombre et nauséabonde, aspire à nous confronter, à nous appauvrir et à nous tuer à défaut de nous ramener à l’âge de pierres. Dans leurs écrits, le sionisme et l’église évangéliste nous réservent apparemment, ce funeste sort avec la collaboration honteuse de certains arabes. Sur les réseaux sociaux, les activistes sionistes et leurs vassaux, pullulent pour propager le venin du mal. Malheureusement , certains esprits faibles du pays, succombent à leurs discours et prêchent à leur tour ces idées macabres venues d’un autre âge de malheur.
Hassan al-Banna le fondateur des frères musulmans les khwandjia Beni-Sahyoun en 1928 était un Babouin sioniste de parents Juifs Bousbiriens et sionistes pur et dur.
Il n’y a aucune ambiguïté : tout est parfaitement clair.
« Le souvenir douloureux de la décennie rouge demeure toujours vivace dans nos mémoires. » ➡️ SÉRIEUX ?! Je connais la Décennie rouge qui raconte la lutte ravageuse menée contre le capitalisme par la bande à Baader mais PAS EN ALGÉRIE !!!
Par contre, je connais parfaitement la guerre terroriste sioniste par procuration décennie noire….mais ça c’est Un Détail de l’Histoire….
Le terrorisme occidentalo-sioniste dit islamique existe par la volonté des services du renseignement occidentaux sous direction, actuellement, israélienne !
Ne pensez-vous pas que nos services de sécurité et renseignement sont sur le qui vive avec tous ces clandestins makhnazis plus de 1,2 millions d’agents de leur Kommandantur des croyants et du mossad pour faire court sans parler des autres dont la déchéance de nationalité est un pré requis.
Sans minimiser la responsabilité des Algériens eux-mêmes.
Le gouvernement Algérien doit sévir et interdire ces prêches il y a un ministre du culte non ce n’est pas son job de contrecarrer tout discours intégriste dans les mosquées notamment…. quant aux réseaux sociaux il doit exister via nos services de renseignements et de sécurité une cellule cybercriminalité cyberterrorisme et donc arrestations des responsables et jugement pénal comme pour tout imam qui profère une atteinte à l’intégrité de la femme Algérienne.
Sur quelle étude statistique basez-vous votre analyse ? Il faut faire des analyses chiffrés comme le Pr Bensaada c’est le faire sans minimiser la portée du risque et menace sur l’atteinte à l’intégrité de la femme Algérienne pour voir le taux de recrudescence de l’intégriste depuis la lutte contre la guerre terroriste sioniste par procuration décennie noire.
Excellent article, très pertinent. L’analyse ne pourrait pas être plus claire. Bravo !
L’Etat à été trop laxiste par populisme!
Cela a toujours été ma conviction depuis que j’ai fait mon service militaire en 🇩🇿 a Ngaous W Batna, 5ème Region, classe 60B. J’avais constaté plusieurs phénomènes:
La montée des idées obscurantistes religieux de certains jeunes, souvent peu éduqués, incultes et convaincus.
Le régionalisme surtout berbère sectaire, voir extrémiste, ignorant de l’ensemble de la Culture 🇩🇿 pensant que la berbèrité était seulement la Kabylie ramenant tout à eux par méconnaissance de notre histoire de bout en bout.
Et le dernier qui nous a empêché d’évoluer plus vite économiquement et qui a retarder notre développement, l’extrémisme sectaire de l’extrême gauche.
Ces 3 dangers s’autoalimentent, ils sont des alliés objectifs.
Des poisons qui empêchent notre émancipation rapide. D’ailleurs selon la période les 3 ont fait leurs ravages, chacun a leurs manières.
Heureusement, depuis 2 décennies la société évolue, doucement, trop doucement de mon point de vue.
Il y a eu l’excellence décisions de reconnaître l’Amazighité dans la Constitution, une excellente décision, à côté de l’islam et de l’Arabité.
Mais souvent les politiques sont laxistes et populistes, des partis flattant les citoyens, chacun à sa manière: Berbère, Islam, Socialisme obsolète!
Il faut remettre de l’ordre rappelant que l’🇩🇿 est une République avec ses 3 constantes et chaque citoyen est égale en droits et devoirs. La République reconnaît dans la Constitution tout les citoyens quels qui soit!
Le challenge pour cette intégration est d’accélérer le développement, le pays évolue, mais il doit aller plus vite pour que les Algériens le perçoivent, en profitent.
Permettre aux femmes et à la jeunesse d’accéder à toutes les fonctions, ils sont aussi l’avenir vitale pour le pays. Les réfractaires religieux, les obscurantistes, les misogynes, les barons de la politique doivent accepter ce changement, l’intégrer et passer le relais.
Les Institutions doivent arrêter d’avoir peur de leurs ombres, de faire dans le populisme, de céder aux différents sectarisme.
L’Algérie est diverses et variées, belle de sa diversité culturelle et de son histoire depuis la Numidie voir avant avec nos ceux qui ont peuplé le Tassili Najer. Elle doit être fière de son patrimoine culturel, culinaire, régional,…et de tout nos héros historiques qui ont marqué notre histoire depuis la Numidie à ce jour.
Pour revenir aux femmes, la belle chanson de J.Ferrat, « la femme est l’avenir de l’homme ». EPICETOU!
Arrêtons de céder à l’obscurantisme rétrograde qui nuit à notre pays!
L’islam des obscurantistes, des intégristes n’a pas sa place en Algérie sachant que la Constitution mentionne notre Islamité MAIS aussi le droit des femmes!
Malgré la nouvelle femme, PR de l’AN, les partis politiques, tous sans exception, ont faillit à augmenter la représentativité de ces dernières. Elles devraient être représentativitées à 50% dans toutes les institutions AN, « Senat », Ministres,….
Alors OSONS, encore quelques efforts!