Les autorités suisses ont décidé d’expulser des ressortissants marocains en situation irrégulière, expliquant cette décision par la crise migratoire qu’a connue l’enclave espagnole de Ceuta avec le passage de milliers de migrants illégaux depuis le territoire marocain.
Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) annonce qu’une «série de vols vers le Maroc est prévue dans les prochaines semaines», indique le quotidien suisse Blick.
«La forte augmentation du nombre d’identifications (…) se traduira encore davantage par une hausse des chiffres des retours dans les semaines à venir», précise le journal pour qui «les scènes dramatiques observées à Ceuta risquent d’occuper l’esprit des responsables politiques (suisses) longtemps».
Par ailleurs, le conseiller d’Etat (parti PLR), Philippe Mller, a critiqué l’attitude des autorités marocaines, signale l’article de Blick. «Philippe Müller reproche au Maroc de traîner des pieds. Alors que l’identification des ressortissants marocains dans le cadre de procédures pénales ne prend que quelques semaines, l’ambassade mettrait parfois plus d’un an pour les expulsions», note l’article, rappelant qu’«au sein de l’administration fédérale, le fait que le Maroc ne voit guère d’intérêt à rapatrier les mineurs délinquants – et qu’il instrumentalise la question migratoire – est un secret de polichinelle», rappelle le média.
Il ajoute que «la position de la Suisse sur la question du Sahara Occidental est une épine dans le pied du Maroc» car «Berne n’a jamais reconnu l’annexion du Sahara Occidental par le Maroc, ce qui déplaît fortement aux autorités de Rabat».
Fin juillet, plus de 60 000 migrants illégaux marocains, dont des milliers de mineurs, sont entrés dans l’enclave espagnole de Ceuta, provoquant une crise migratoire sans précédent. Très vite, des médias internationaux ont mis en avant l’implication des autorités marocaines dans cette crise, signalant que le Makhzen n’hésitait pas à utiliser la carte migratoire pour faire pression sur les autorités espagnoles.
Des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans des bousculades ou en se noyant en tentant d’atteindre le territoire espagnol par voie terrestre ou à la nage.
R. I.


