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Comment la résistance de Iran est en train de rendre impossibles les guerres d’agression et de conquête

Une contribution d’Ali Akika – Il y a quelque chose de risible et pathétique à entendre les habituelles bonnes âmes défendre le droit international et le droit maritime sur le détroit d’Ormuz. Oui, pathétique et hypocrite quand on sait que ces esprits «éclairés» mettent des casques antibruit pour ne pas entendre les mères pleurer leurs enfants écrasés sous des bombes en Palestine.

Mais revenons au détroit d’Ormuz, où la guerre révèle que l’Iran est en train de dynamiter les projets des Etats-Unis, qui se savent en déclin et cherchent à trouver des moyens pour demeurer le gendarme du monde. Les habituels «experts» et autres perroquets nous bassinent avec la violation du droit maritime par l’Iran régissant le détroit d’Ormuz. Faut-il rappeler à tous ces menteurs professionnels que le droit international est une fiction et que les plus forts qui le violent ne risquent rien (propos de J.-P. Sartre paraphrasés).

Exemple : les Etats-Unis n’ont pas signé la convention maritime de l’ONU et s’octroient tous les droits, jusqu’à s’accaparer le canal de Panama et, en passant, kidnappent son président pour le traduire devant leurs tribunaux. Ils viennent, ces derniers mois, de rééditer le même «exploit» sur la personne de Maduro, le président du Venezuela.

Ces deux exemples illustrent parfaitement les nouvelles armes de l’Oncle Sam : les routes, les détroits et le pétrole pour remplacer le dollar, qui perd peu à peu de son attrait, une arme redoutable acquise en 1944 à la conférence de Bretton Woods. Le dollar devenant alors monnaie internationale grâce à leur puissance industrielle, mais aussi après avoir détrôné la Grande-Bretagne, première puissance maritime, mais endettée auprès des Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale pour résister et gagner la guerre contre l’Allemagne.

Les temps ayant changé, l’Oncle Sam veut, espère, pense remplacer la combinaison puissance économique/dollar par pétrole/gaz et pipelines et gazoducs. Le nerf de la guerre, ce n’est plus le dollar en voie de devenir une monnaie de singe grâce au «génie», ou plutôt à la cupidité de l’Oncle Sam, qui imprime le dollar à tire-larigot pour exporter sa monnaie, laquelle est une source de l’inflation… dans les autres pays.

Voilà donc comment et pourquoi les Etats-Unis sont devenus gendarmes du monde et veulent le demeurer. Mais l’histoire ne faisant jamais du surplace, et son moteur appelé Temps ayant tout naturellement fait surgir d’autres puissances, l’Oncle Sam, ayant vu en l’URSS et en la Chine de futurs et potentiels concurrents, a tenté déjà de les diviser en faisant appel au couple terrible Nixon/Kissinger pendant leur guerre contre le Vietnam. Echec !

Il tenta, pendant la guerre en Ukraine, l’URSS ayant implosé et la Chine occupée à consolider son économie et sa défense, d’exploiter leurs divergences idéologiques de jadis, ajoutées à des problèmes de frontière. Echec également : l’idéologie céda face aux deux géants partageant des pans de l’histoire et des intérêts communs.

Après ces échecs, les Etats-Unis changent de fusil d’épaule. Avec Trump, ils élaborent une nouvelle doctrine Monroe modernisée. Trump se déplaça en Arabie et déclara, dans le berceau de l’islam, que son pays respecterait les cultures et les croyances des autres. Il repartit avec un chèque de 1 000 milliards d’investissements d’une Arabie gorgée de pétrodollars à investir aux Etats-Unis, dont la dette flotte dans un puits sans fond, sans possibilité de se jeter dans la mer comme tout fleuve «intelligent».

L’état des lieux des Etats-Unis dévoilé

Des pays de ce monde, et pas des moindres, avaient diagnostiqué les maux qui sont à l’origine du déclin américain et voulaient s’en protéger, notamment de son dollar, qui entrait dans une zone de tempête.

Voyant son statut de gendarme menacé, l’Oncle Sam pensa tout naturellement au pétrole, dont les Etats-Unis sont les premiers producteurs. Sauf que le pétrole manquant pour faire chanter le monde, contrairement au dollar, ne s’imprime pas : il faut le conquérir ou y avoir accès, comme au Moyen-Orient, par un deal simple : les pétrodollars au chaud dans la Réserve fédérale américaine contre la sécurité dans une région poudrière.

Mais aujourd’hui, Trump envoie carrément ses cow-boys kidnapper le président vénézuélien et, au Premier ministre du Danemark, il propose d’acheter le Groenland, riche en minerais, et surtout pour barrer l’accès de l’Atlantique aux Russes et aux Chinois, capables de naviguer dans l’Arctique grâce aux brise-glaces.

Routes maritimes, terrestres, détroits, canaux : les nouveaux Sésames de Trump

On se rappelle de Trump qui, à peine revenu au pouvoir, chassa les Chinois propriétaires du canal de Panama. Mais avant, répétons-le, un de ses prédécesseurs arrêta le président de ce petit pays et accapara le canal reliant l’Atlantique et le Pacifique.

Ce petit rappel pour dire que Trump, comme tous les autres présidents d’hier et de demain, a dans sa ligne de mire la Chine, coriace et efficace compétitrice. Pour entraver sa marche vers la première place du podium des puissances économiques, l’Oncle Sam cherche des proxys pour entraver la fameuse route de la soie, qui porte ce nom en souvenir de l’époque où la Chine s’appelait l’Empire du Milieu.

Je ne m’étendrai plus sur les voyages de l’envoyé spécial de Trump au Congo, en Asie, au Pakistan, en Thaïlande et au Cambodge pour ramener la «paix» entre ses proxys, voyages dont j’ai relaté les buts dans un article d’Algeriepatriotique. Mais après ces voyages paisibles, Trump fit l’erreur de faire la guerre à l’Iran en compagnie de son allié Netanyahou.

On dit que ce dernier l’a manipulé en l’entraînant dans leur agression du 28 février 2026. C’est fort possible, l’histoire le dira. En revanche, leur politique coloniale suprématiste, la nature de leur alliance et celle de leur idéologie messianique les ont poussés à faire la guerre à l’Iran.

Je ne m’attarderai pas sur Netanyahou, mystifié par sa profonde mission «divine», qui se marie parfaitement avec le délire du «Grand Israël» pour neutraliser les pays voisins immédiats, lui offrant une profondeur stratégique plus efficace, car meilleure «protectrice», contre les missiles ennemis. Mais pour atteindre ce but, il faut en finir avec l’Iran et s’appuyer sur l’Amérique.

Quant à Trump, son plan de conquérir la maîtrise des puits de pétrole et des artères où s’écoule cette énergie n’est possible que par la destruction de l’Etat iranien. Avoir le pétrole iranien et celui des pays du Golfe bénéficiant de la protection américaine, l’Amérique est assurée de demeurer le gendarme du monde.

Mais, hélas pour ces «rêveurs» archaïques, ça ne se passe pas comme prévu !

L’Iran remet les montres à l’heure au détroit d’Ormuz

Voilà un pays, l’Iran, qui n’est jamais sorti de ses frontières depuis la Perse, qui fit les guerres médiques en affrontant la Grèce au Ve siècle avant J.-C. Et c’est ce pays, 25 siècles plus tard, qui a été attaqué deux fois en l’espace d’un an, entre juin 2025 et février 2026.

Il est chez lui à Ormuz, sur terre et sur mer, dans un détroit dont il n’a jamais entravé ni l’entrée ni la sortie. Je ne reviens pas sur la maîtrise de la stratégie iranienne, faite de patience et d’endurance, de la stratégie de la guerre prolongée, de la conscience historique de son peuple, qui sont les matrices nourricières de la victoire de l’Iran et de l’échec de l’ennemi.

Pourquoi les Etats-Unis ont-ils perdu la guerre ?

La guerre en Iran est en train de rendre difficiles, sinon impossibles, les guerres d’agression et de conquête. Ça peut paraître prétentieux de prévoir l’avenir, surtout s’agissant d’un phénomène comme la guerre, doivent penser les sceptiques.

Et paradoxalement, c’est justement la guerre qui oblige Trump à rentrer chez lui. Outre l’aversion pour la guerre ou la peur qu’elle suscite à cause des boucheries qu’elle engendre, la victoire, son objectif ultime, s’éloigne de plus en plus en dépit de la supériorité militaire d’un ennemi sur l’autre.

Je ne citerai pas en exemple les guerres précédentes perdues par les Etats-Unis contre des résistances non étatiques. Je prendrai l’exemple de la guerre actuelle entre deux Etats, les Etats-Unis et l’Iran.

On se souvient que Trump a planifié sa guerre, qui devait durer quatre à cinq jours et se terminer par la capitulation ou le retour de l’Iran à l’âge de pierre. Aujourd’hui, c’est l’Iran qui dicte ses exigences sur le détroit d’Ormuz, en enterrant ses objectifs obsessionnels et ceux de Netanyahou : pas de nucléaire iranien, ni de missiles, et reconnaissance de l’Etat d’Israël.

Pourquoi ce revirement de situation ? Je ne reviendrai pas non plus sur les arguments que j’ai égrenés dans mes articles depuis l’attaque et le bombardement du consulat iranien à Damas, immédiatement suivis par une réplique et une magistrale leçon stratégique de l’Iran, et plus tard sur les deux guerres de juin 2025 et celle actuelle du 28 février 2026.

Je me contenterai de citer deux informations : celle du chef d’état-major de l’armée américaine et celle d’une demande officielle auprès du Congrès américain d’accorder une rallonge pour financer la guerre en Iran.

Ces deux informations démontrent qu’il est plus facile de financer une guerre que de fabriquer des armes et des munitions, de les stocker et de les entretenir. Le système américain se trouve entravé par son propre système politique et économique.

Et les chantres de ce système ne doivent pas connaître le chimiste Lavoisier, selon lequel «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme». Il parle de la matière. Et la transformation de cette matière passe par le travail, nous apprennent les pères fondateurs «English» de l’économie politique et Karl Marx, en élève sérieux, ajoute que la valeur d’un produit fabriqué est la somme du prix social du travail propre au pays et à l’époque.

Après ce passage par les sommités des sciences, revenons à Trump, à qui on a expliqué qu’un missile nécessite beaucoup de travail et que, pour le stocker et l’entretenir, cela coûte beaucoup d’argent et surtout du temps. Et le temps de le faire parvenir sur le champ de bataille, la guerre sera finie et vous la perdrez.

Conclusion

L’Iran, qui s’est préparée à la guerre et qui connaît bien à qui elle a affaire, a saisi au vol l’erreur politique et la stratégie brouillonne de Trump pour prendre la gestion du détroit en relation avec Oman, détroit qui fait partie de leurs eaux territoriales, donc sous leur souveraineté : simple application du droit international.

Outre le fait d’avoir fait respecter sa souveraineté sur son territoire, l’Iran sera indirectement à l’origine d’une nouvelle législation des routes maritimes, dont les Etats-Unis veulent faire une sorte de passage sous leur juridiction, comme ils le pratiquent dans les circuits bancaires qui n’utilisent pas leur DD, dieu-dollar.

Mais cette fois, ils n’auront pas en face d’eux la Grande-Bretagne ruinée et, pour rembourser leur dette, le grand Winston Churchill, Premier ministre à l’époque, accepta que la monnaie anglaise cède la place au dollar et, en prime, il leur «offrit» les pays arabes du Golfe.

A. A.

Ndlr : Le titre est de la rédaction. Titre originel : Dans les eaux du détroit d’Ormuz : le cimetière des pétrodollars

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