Par Kahina B.-H. – Les premières images des sélections arrivant aux Etats-Unis pour prendre part à la Coupe du monde 2026 font couler beaucoup d’encre. Entre contrôles humiliants et blocages administratifs, la gestion de l’accueil par les autorités américaines suscite de vives tensions et de nombreuses interrogations.
La sélection du Sénégal, détentrice de la Coupe d’Afrique, a reçu un accueil pour le moins glacial. A leur descente d’avion, les Lions de la Teranga ont été soumis à des fouilles corporelles extrêmement poussées directement sur le tarmac. Des vidéos montrant des joueurs inspectés en détail, contraints de retirer leurs chaussures à même le sol, ont rapidement indigné les supporters.
«Fouilles complètes sur le tarmac, chaussures enlevées, sacs retournés comme des criminels. C’est une humiliation pure et simple, une honte. On ne ferait jamais subir ça à des garçons blancs», se sont insurgé des supporters sénégalais sur la Toile.
Pourtant, cette extrême rigueur ne semble pas s’appliquer uniquement à la sélection africaine. L’équipe nationale d’Ouzbékistan, venue disputer un match de préparation à New York, a elle aussi été sous le choc face aux protocoles locaux. A leur arrivée au stade Icahn, les joueurs et le staff ouzbeks ont été bloqués à la sortie de leur bus pour être soumis à des inspections individuelles poussées, incluant des détecteurs de métaux et l’intervention de chiens renifleurs. Un traitement inédit et particulièrement lourd pour une délégation officielle de la FIFA.
Au-delà des joueurs, le corps arbitral subit lui aussi la rigidité de la politique migratoire américaine. L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, pourtant désigné par la CAF comme le meilleur arbitre africain de l’année 2025, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire. Bien qu’accrédité par la FIFA et muni d’un visa en bonne et due forme, il a été bloqué par la douane à l’aéroport de Miami avant d’être immédiatement renvoyé vers Istanbul, brisant ainsi son rêve de participer au tournoi.
Ces incidents à répétition soulèvent une question de fond : un pays peut-il légitimement accueillir un événement sportif mondial de l’envergure de la Coupe du monde tout en appliquant des critères d’exclusion aussi stricts à des participants officiels ?
Face à ce qui est perçu comme un manque de respect envers les délégations internationales, la frustration grandit chez les amateurs de football, certains allant jusqu’à évoquer des traitements discriminatoires.
«Ceci est inacceptable ! Boycott USA ! Que toutes les sélections qui doivent jouer aux USA se retirent. Tu verras que cette répression contre les Noirs et les Arabes prendra fin rapidement», ont suggéré certains internautes, qualifiant le tournoi de «Coupe de la honte» ou de «pire Coupe du monde» avant le coup d’envoi de la compétition.
K. B.-H.



