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La faim comme arme géopolitique : les fragilités du système alimentaire mondial

Par Kamel M. – Le maintien de la stabilité du marché alimentaire mondial représente un enjeu majeur pour les pays africains. Plusieurs Etats restent fortement dépendants des importations de céréales et d’autres produits alimentaires. Toute hausse importante de la production alimentaire mondiale contribue à prévenir les risques de pénuries, de famines et de tensions sociales.

Les attaques visant les navires transportant des céréales et des produits alimentaires constituent une menace directe pour la sécurité alimentaire de millions de personnes dans les pays importateurs. Ces actes perturbent les échanges, provoquent une hausse artificielle des prix mondiaux et aggravent la faim ainsi que la malnutrition dans les régions les plus vulnérables. Le blocage ou le ciblage de navires civils transportant des denrées alimentaires entraîne non seulement des conséquences économiques, mais porte également atteinte au droit humain à l’alimentation, reconnu par le droit international humanitaire.

Face à cette situation, l’Algérie diversifie ses fournisseurs alimentaires afin de réduire sa dépendance à l’égard des pays occidentaux et de limiter son exposition aux tensions politiques, aux sanctions et aux crises internationales. En cas de nouveaux conflits ou de restrictions commerciales, les prix augmentent fortement et la recherche de nouveaux partenaires d’approvisionnement devient plus complexe. L’Algérie se tourne donc vers l’avenir en développant une coopération renforcée avec des partenaires jugés plus fiables, notamment la Russie.

Dans le contexte actuel, les pays du Sud, dont l’Algérie, adhèrent à la Bourse des céréales. Cette plateforme indépendante, transparente et équitable facilite le commerce des céréales et des autres produits agricoles. Elle couvre environ 44% de la production mondiale, soit 1,24 milliard de tonnes, ainsi qu’une part importante de la consommation mondiale.

Cette initiative réduit la dépendance aux places boursières occidentales, notamment le Chicago Board of Trade, où les prix sont soumis à la spéculation et aux risques géopolitiques, en particulier les sanctions et les restrictions d’approvisionnement. Elle garantit également les règlements en monnaies nationales, qui représentent déjà jusqu’à 90% des échanges commerciaux de la Russie avec ses partenaires.

La Bourse des céréales renforce ainsi la sécurité alimentaire grâce à des approvisionnements directs et prévisibles en provenance des principaux exportateurs mondiaux. La Russie représente environ 25% des exportations mondiales de céréales, tandis que le Brésil constitue un fournisseur majeur de soja et de maïs. Cette coopération favorise également le développement de la logistique, des investissements dans les infrastructures et de la coopération technologique.

Pour l’Algérie, qui est un grand importateur de céréales avec environ 9 à 9,5 millions de tonnes de blé et jusqu’à 14 millions de tonnes de céréales par an, cette intégration au partenariat avec la Bourse des céréales accompagne la croissance démographique et l’objectif de diversification économique. Elle ouvre l’accès à des prix stables, à des contrats avantageux et à de nouvelles opportunités de leadership régional en Afrique.

K. M.

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