Par Kamel M. – La médiatisation à outrance, par les services secrets marocains, de l’arrestation du chanteur Réda Taliani, qui a fait allégeance à Mohammed VI et à son régime monarchique, ressemble bien à une mise en scène savamment orchestrée par les services d’Abdellatif Hammouchi sur instigation du palais. En effet, dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux, on voit le nouveau sujet du roi, ayant acquis la nationalité marocaine en contrepartie de sa trahison – au même titre qu’un Khaled Hadj Brahim totalement asservi au Makhzen depuis qu’il a épousé une Marocaine –, interpellé par la police alors qu’il conduisait en état d’ivresse et vraisemblablement sous l’effet de stupéfiants.
L’interpellation, filmée sous tous les angles, aurait pu paraître banale si elle ne répondait pas à un objectif inavoué du régime de Rabat, embourbé dans des crises à n’en plus finir depuis qu’il a été contraint par ses bailleurs de fonds de normaliser ses relations avec Israël et de se soumettre au nazi Benyamin Netanyahou sans aucun bénéfice en retour, sinon la montée en puissance d’une colère populaire qui prélude à une explosion sociale inévitable.
Le paradis promis par le régime criminel de Tel-Aviv, représenté au Maroc même par André Azoulay, parangon du sionisme chez le «commandeur des croyants», n’a été qu’une succession de désabusements, après que les Etats-Unis, initiateurs et parrains des accords d’Abraham, ont vendu des chimères à Mohammed VI en lui faisant croire qu’ils pouvaient imposer le plan d’autonomie comme solution exclusive au dossier sahraoui auprès de la communauté internationale. Quant à Israël, il n’a même pas adopté la carte géographique fantaisiste marocaine qui inclut le Sahara Occidental comme faisant partie du territoire marocain.
Le Maroc se retrouve ainsi pris dans son propre piège, à force de croire aux sornettes du gendre de Donald Trump, trop occupé à squatter des terrains en Albanie pour y ériger des complexes touristiques destinés aux adeptes de la secte Epstein, toujours aussi nombreux malgré sa mort suspecte. Isolé dans la région, sa population se retrouve ainsi privée des avantages que lui accordaient les voisins espagnol et algérien, qui toléraient la petite contrebande, seule source de revenus de millions de Marocains désormais écrasés par la misère et ne cherchant qu’à fuir l’enfer du royaume maudit.
La visite éclair du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, à Alger, pour préparer une réunion importante entre les gouvernements des deux pays, et le rétablissement des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Mali ont achevé de doucher les espoirs de Rabat, qui s’enfonce dans la compromission avec l’entité sioniste, à laquelle il s’apprête, malgré lui, à fournir de la chair à canon marocaine à Gaza pour participer à la colonisation de l’enclave palestinienne meurtrie par un génocide interminable.
C’est par les chiffres que les autorités marocaines quantifient les pertes engendrées par la reprise des relations entre Alger et Bamako et le réchauffement des relations entre l’Espagne et l’Algérie, devenue le premier fournisseur de gaz pour la péninsule Ibérique, sur fond d’une grave crise énergétique mondiale. Le Maroc comptait, en effet, tirer profit de ces crises diplomatiques et engranger des dividendes, mais la position de l’Algérie, suffisamment puissante pour ne céder à aucune pression, a fini par ramener le Maroc à sa véritable taille de pays nain.
Partant de ces constats, le Makhzen, étranglé, fait un énième appel du pied à l’Algérie en semblant lui signifier qu’il serait disposé à se démarquer de la meute de traîtres qu’il a embrigadés et dont la mission de déstabilisation s’est soldée par un échec lamentable. Réda Taliani est le premier d’une liste de renégats qui suivra forcément – Aboud Hichem, Walid Kebir, Chawki Benzahra, Anouar Malek –, mais l’Algérie ne voudra pas de ces déchets dont la déchéance de nationalité est, de fait, consommée.
K. M.


