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Une universitaire portugaise révèle pourquoi le Maroc a baptisé une route du nom de Trump

Par Mohamed K. – Pour l’universitaire portugaise Isabel Lourenço, spécialiste du Sahara Occidental à l’Université de Porto, la décision du Maroc de baptiser une autoroute de 1 055 kilomètres du nom de Donald Trump ne relève ni du folklore diplomatique ni d’un simple hommage. Elle constitue, selon elle, une pièce centrale d’une stratégie visant à consolider l’occupation du Sahara Occidental et à ancrer, par les infrastructures, une souveraineté que le droit international ne reconnaît pas.

Dans son analyse adressée à Algeriepatriotique, la chercheuse estime que cette autoroute, reliant Tiznit à Dakhla, ne peut être dissociée du futur port en eau profonde de Dakhla Atlantique, des projets énergétiques développés au large du territoire et du soutien politique accordé par Washington depuis la proclamation de Donald Trump du 10 décembre 2020 soutenant le plan d’autonomie marocain au Sahara Occidental.

Isabel Lourenço rappelle que cette reconnaissance américaine n’a pas modifié le statut juridique du territoire, toujours inscrit par les Nations unies sur la liste des territoires non autonomes. Selon elle, Rabat cherche désormais à remplacer le droit par les faits accomplis, en multipliant routes, ports, investissements et projets industriels afin de rendre l’occupation irréversible.

L’universitaire voit également dans le développement du port de Dakhla Atlantique un projet dépassant largement les ambitions économiques du Maroc. Elle explique que cette infrastructure sert les intérêts stratégiques américains sur la façade atlantique africaine, tandis que la participation d’entreprises israéliennes à l’exploration pétrolière et gazière des eaux du Sahara Occidental illustre l’émergence d’une convergence d’intérêts entre Rabat, Washington et Tel-Aviv.

Pour Isabel Lourenço, cette architecture – autoroute, port, concessions énergétiques et partenariats internationaux – poursuit un même objectif : transformer progressivement une occupation contestée en réalité économique et politique. Mais, insiste-t-elle, aucune infrastructure, aucun investissement étranger ni aucune reconnaissance unilatérale ne peuvent remplacer le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ou modifier le statut international du Sahara Occidental.

À ses yeux, l’«autoroute Donald Trump» constitue ainsi bien plus qu’un axe routier, en ce qu’elle représente le symbole d’une stratégie visant à inscrire durablement l’occupation du territoire dans les faits, au bénéfice d’intérêts marocains, américains et israéliens, malgré un contentieux qui demeure, selon le droit international, non résolu.

M. K.

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