Par Abdelkader S. – Depuis plusieurs semaines, l’Algérie est frappée par une succession de drames. Les incendies ont de nouveau endeuillé le pays. Dans la seule journée du 26 août, des feux ont touché plusieurs wilayas, notamment Béjaïa, Jijel et Tizi-Ouzou. Douze personnes ont perdu la vie et 54 autres ont été blessées. Jeudi matin, la Protection civile indiquait avoir éteint 147 incendies sur les 193 déclarés.
Cette nouvelle tragédie vient alourdir un été déjà marqué par les accidents de la route. Du 26 juillet au 1er août, 74 personnes sont mortes sur les routes algériennes. Elles étaient encore 54 à perdre la vie entre le 2 et le 8 août. Puis, du 16 au 22 août, 34 autres décès ont été enregistrés dans 1 542 accidents, qui ont également fait plus de 2 000 blessés.
A force d’additionner les chiffres, on risque pourtant d’oublier l’essentiel. Derrière chaque mort, il y a un visage, une famille, une absence qui ne sera jamais comblée. Il y a des parents qui enterrent leurs enfants, des enfants qui perdent leurs parents, des foyers détruits en quelques heures par les flammes ou brisés en quelques secondes sur une route.
Face à cette succession de drames, la compassion ne suffit pas. Il faut aussi regarder notre part de responsabilité. Celle des pouvoirs publics, bien sûr, dans la prévention, l’anticipation, l’entretien des infrastructures, la surveillance des zones à risque et l’efficacité des secours. Mais aussi celle de chacun d’entre nous.
Sur la route, au volant comme au bord d’une forêt, chaque geste compte. Une imprudence peut tuer. Une négligence peut déclencher un incendie. Un comportement irresponsable peut transformer quelques secondes en drame pour toute une vie.
Nous devons pleurer nos morts, mais nous devons aussi tirer les leçons de ces tragédies. La résilience ne consiste pas à s’habituer au malheur. Elle consiste à refuser qu’il se répète.
A toutes les familles endeuillées, nous devons notre solidarité, notre respect et notre mémoire. Et à ceux qui restent, cette responsabilité immense : protéger la vie, parce qu’elle est devenue, cet été, notre bien le plus douloureusement précieux.
A. S.



