Kahina B.-H. – Nouvel épisode dans le scandale des visas frauduleux au consulat général d’Espagne à Alger. L’Audiencia Nacional vient de mettre en examen trois nouveaux employés locaux, dont la secrétaire du consul, portant à six le nombre de suspects poursuivis pour corruption, faux en écriture et trafic d’influences. L’information a été révélée par le journal en ligne espagnol The Objective, qui s’appuie sur des documents judiciaires de l’Audiencia Nacional et des déclarations de sources policières et diplomatiques espagnoles.
Face à ce trafic où le prix d’entrée dans la zone Schengen atteignait parfois 25 000 euros par famille, le ministère des Affaires étrangères espagnol compte envoyer une mission d’inspection le 20 septembre afin d’élucider ces graves failles internes qui secoue le consulat espagnol d’Alger.
La juge María Tardón, en charge de cette affaire, a notifié leur mise en examen à trois salariés locaux supplémentaires, parmi lesquels la secrétaire du consul, ce qui élève désormais à six le nombre de personnes poursuivies dans ce dossier.
L’affaire, qui a éclaté en avril dernier avec l’arrestation du chancelier Vicente Moreno et de son bras droit, repose sur la délivrance illégale de visas Schengen et de titres de séjour. Le réseau criminel monnayait ces précieux documents sans contrôler les critères requis, exigeant jusqu’à 25 000 euros en liquide par famille. Ces pratiques laissaient de côté les candidats légitimes (étudiants, entrepreneurs) et toucheraient également la société sous-traitante BLS, soupçonnée d’avoir réservé les rendez-vous prioritaires aux souscripteurs les plus offrants.
Toujours selon les révélations du journal espagnol, l’argent liquide accumulé en Algérie était transféré vers l’Espagne pour y être réinjecté dans des achats de véhicules et de biens immobiliers. Poursuivis pour blanchiment, appartenance à une organisation criminelle ou encore falsification documentaire, les mis en examen font l’objet de lourdes charges.
Alors qu’une mission d’inspection du ministère des Affaires étrangères est attendue au consulat le 20 septembre pour interroger les équipes, la gestion des personnes poursuivies fait débat. Remis en liberté sous contrôle judiciaire, l’ancien chancelier a été réaffecté au service immobilier du ministère à Madrid et dont le reclassement est perçu au sein de la diplomatie espagnole comme un traitement bien trop clément au vu de la gravité des faits.
K .B.-H.



