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Suppression des vols israéliens vers le Maroc : pourquoi le Shin Bet interdit les lignes directes

Par Nabil D. – Le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet, a officiellement ordonné l’arrêt immédiat et unilatéral de tous les vols directs opérés par les compagnies aériennes de l’Etat hébreu – à savoir Arkia, Israir et Sun d’Or, la filiale à bas prix d’El Al – à destination du Maroc. A la suite de cette directive stricte, la commercialisation des billets a été gelée et les liaisons vers des destinations majeures comme Marrakech ont été supprimées des plannings. Les voyageurs israéliens souhaitant se rendre dans le royaume se voient désormais contraints d’emprunter des itinéraires indirects, incluant des escales obligatoires dans des aéroports tiers en France, en Espagne ou en Italie.

Cette mesure radicale fait suite directe à l’incident de sécurité survenu à la fin du mois de septembre sur le vol FZ1073 de la compagnie émiratie Flydubai, au cours duquel un copilote a tenté de détourner un avion transportant des Israéliens. Selon les éléments d’information partagés et analysés sur la chaîne de télévision israélienne i24News, ce navigant avait effectué une partie de sa formation aéronautique au Maroc et avait ultérieurement postulé auprès de la compagnie nationale Royal Air Maroc, bien que sa candidature y ait été finalement rejetée. Pour l’appareil sécuritaire de Tel-Aviv, ce simple lien géographique et historique a suffi à motiver l’application immédiate d’un principe de précaution maximal, traduisant une défiance manifeste et publique envers l’intégrité des protocoles de contrôle et l’environnement sécuritaire du Maroc.

Ces développements factuels mettent en lumière la nature fondamentalement asymétrique de la normalisation diplomatique initiée à la fin de l’année 2020 dans le cadre des accords d’Abraham. Alors que le Maroc s’est engagé dans cette voie hasardeuse dans un contexte économique et géopolitique national catastrophique, la gestion unilatérale de cette crise par les autorités israéliennes démontre que ce partenariat fonctionne à sens unique. Au lieu d’amorcer une coopération bilatérale étroite ou un audit conjoint des procédures avec les services de renseignement et de sécurité de Rabat, Tel-Aviv a imposé une rupture brutale des voies aériennes, sans consultation aucune avec la partie marocaine.

Cet épisode illustre la perception qu’a Israël de ses relations avec son vassal de la région. Le Maroc y apparaît davantage comme un exécutant discipliné soumis aux impératifs de sécurité exclusifs de Tel-Aviv que comme un allié souverain bénéficiant d’une réciprocité et d’une confiance mutuelle. Les choix unilatéraux de l’appareil sécuritaire israélien dictent la marche à suivre, reléguant de fait les intérêts du dominion marocain au second plan.

N. D.

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