Par M. Aït Amara – L’Histoire retiendra les images de cette assemblée générale de l’ONU désertée, ce grand théâtre onusien vidé de sa substance et de sa dignité par le départ d’une écrasante majorité de délégations. Un boycott massif, digne, qui sonne comme un verdict moral contre l’Etat nazi d’Israël. Mais le regard ne s’arrête pas sur ces sièges vides, symboles d’un sursaut d’humanité. Il se fige, avec un dégoût teinté de sidération, sur trois délégations restées immobiles. Le Maroc, les Emirats arabes unis et Bahreïn. Trois pays qui, rompus à la soumission des accords d’Abraham, ont choisi de demeurer assis, s’avilissant au rang de concubines diplomatiques d’un bourreau.
Alors que le chef de cet Etat criminel montait à la tribune, les mains encore fumantes du sang d’innocents, le reste du monde a choisi la rupture. Pas eux. Ces trois régimes ont préféré offrir l’illusion d’une audience à celui que la conscience universelle rejette. En feignant d’écouter ce réquisitoire contre la vie, ils ne font pas de la diplomatie ; ils se complaisent dans une complicité servile. Ils ne représentent plus des nations souveraines, mais des courtisans dociles, quémandant les faveurs d’un maître paria sous les yeux d’un monde indigné.
Quelle infamie pousse Rabat, Abou Dhabi et Manama à s’isoler ainsi du genre humain ? Est-ce la dépendance économique, la peur lâche ou un cynisme géopolitique poussé jusqu’à la nausée ? Rien ne saurait justifier une telle prostitution morale. En servant de décor à la propagande d’un dirigeant poursuivi par l’opprobre international, ces trois micro-Etats partagent désormais sa déchéance. Ils croient peut-être négocier une immunité ou des strapontins dans un ordre mondial à l’agonie, mais ils ne récoltent que le mépris éternel des peuples opprimés.
Le silence face au crime est une approbation. L’écoute polie face aux massacres est une trahison. Par leur présence zélée, ces trois concubines ont signé leur propre arrêt de mort morale. Leurs noms resteront gravés dans les pages sombres de la complicité, associés à jamais à la honte d’avoir applaudi là où le monde entier hurlait son déni.
M. A.-A.



