Par Kamel M. – L’assaut migratoire sans précédent de 70 000 Marocains sur la ville espagnole de Ceuta a déclenché une crise diplomatique majeure, dont l’effet de rejet contamine désormais la Tunisie. En instrumentalisant le désespoir de sa propre jeunesse pour faire pression sur l’Europe, le régime de Rabat a provoqué un durcissement immédiat de ses voisins : ses ressortissants subissent des expulsions massives en Espagne et se retrouvent visés par des vagues de refoulements inédites à l’aéroport de Tunis-Carthage. Cette politique étrangère agressive et provocatrice se retourne aujourd’hui de plein fouet contre les citoyens marocains, désormais traités en persona non grata et perçus comme indésirables aux deux extrémités de la Méditerranée.
Le bilan du scandale de Ceuta est abyssal et a scellé la rupture avec Madrid. Face à ce qui a été qualifié d’agression migratoire coordonnée, la réponse espagnole a été immédiate et implacable. En accélérant les procédures d’expulsion par décret-loi et en renvoyant massivement des dizaines de milliers de Marocains, l’Espagne a envoyé un signal clair. Les mesures de rétention, le déploiement militaire à la plage de Trampolin et le rejet quasi-systématique des demandes d’asile démontrent que la tolérance européenne est définitivement épuisée face aux méthodes du Maroc.
Mais les dommages collatéraux de cet aventurisme dépassent largement les frontières ibériques et s’étendent désormais jusqu’à l’extrémité est du Maghreb, provoquant une méfiance inattendue en Tunisie. A l’aéroport de Tunis-Carthage, les contrôles drastiques, les détentions prolongées et les expulsions de jeunes Marocains se multiplient sous l’effet de la suspicion de migration clandestine. La Tunisie, traditionnellement terre d’accueil et de transit, verrouille ses accès face au profil de risque que représentent désormais ces voyageurs suite au précédent de Ceuta. Le constat est implacable : la réputation internationale des sujets marocains subit une contagion régionale, entachée par l’image d’un Etat voyou qui utilise sa population comme une arme géopolitique.
L’onde de choc ne s’arrête pas aux frontières tunisiennes et se prolonge de manière encore plus brutale en Libye, où la situation des ressortissants marocains s’est considérablement précarisée. Devenus la cible de rafles systématiques de la part des différentes factions et des autorités locales, des centaines de migrants marocains se retrouvent détenus avant d’être expulsés massivement par voie aérienne depuis Tripoli ou Benghazi. Accusés de transiter par le territoire libyen pour tenter la traversée vers l’Europe, ils subissent de plein fouet le durcissement sécuritaire régional. Ce nouveau foyer de refoulement confirme que le canal migratoire marocain est désormais perçu comme une menace de déstabilisation par l’ensemble de ses voisins nord-africains.
Cette situation est le résultat direct d’une doctrine de provocation systématique menée par le Makhzen – sur instigation d’Israël, de la France et des Emirats arabes unis – qui feint d’ignorer les règles du bon voisinage. En exportant ses crises sociales internes et en refusant de sécuriser ses propres frontières à des fins de chantage politique, le régime marocain isole son pays. Au lieu de protéger ses ressortissants, cette diplomatie du pire les stigmatise et les expose au refoulement généralisé. Qu’ils soient touristes légitimes, étudiants ou travailleurs en quête d’opportunités, les Marocains paient aujourd’hui le prix fort d’une gouvernance irresponsable qui a transformé leur passeport en un motif de méfiance universel.
K. M.


