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Rouge de joie

Par Mehenna H. – Les images ont circulé aux quatre coins du monde. Un ciel rougeoyant au-dessus d’Alger, des milliers de fumigènes embrasant la nuit, des chants repris en chœur par une foule compacte et une ville entière vibrant au rythme de la passion footballistique. Le spectaculaire craquage des supporters du MC Alger a offert un tableau saisissant qui a impressionné bien au-delà des frontières nationales.

Les vidéos de cette démonstration de ferveur ont suscité l’admiration de nombreux médias, internautes et observateurs étrangers. Beaucoup ont découvert, à travers ces images spectaculaires, l’intensité de la passion qui anime les Chnaoua, réputés depuis longtemps parmi les supporters les plus fervents du continent africain et du monde arabe.

Mais au-delà de l’aspect visuel, c’est surtout le contraste qui interpelle.

En France, toutes les victoires du PSG sont marquées à Paris par des scènes de violences, d’affrontements avec les forces de l’ordre, de dégradations de biens publics et privés, ainsi que par des incendies de véhicules largement relayés par la presse française et internationale. A chaque grand rendez-vous sportif, la même inquiétude ressurgit : la fête laissera-t-elle place aux débordements ?

A Alger, les images qui ont fait le tour des réseaux sociaux racontent une tout autre histoire. Celle d’une foule qui chante, qui danse, qui célèbre son club dans une ambiance de communion populaire. Celle d’une jeunesse qui exprime sa joie avec passion mais sans transformer la ville en champ de bataille. Celle d’un peuple qui vit le football comme un moment de partage et de fraternité.

Ces images époustouflantes sont surtout une réponse à ces caqueteurs français qui aiment réduire l’Algérie à ses difficultés, à ses crises ou à ses problèmes sociaux. Pourtant, lorsque des dizaines de milliers de personnes se rassemblent dans une atmosphère festive pour célébrer un événement sportif, ces mêmes images peinent à trouver leur place dans les outils de propagande de Bolloré et Drahi. Comme si la normalité, la joie et la cohésion sociale étaient moins vendeuses que les polémiques et les faits divers.

Le sacre du MC Alger aura au moins eu le mérite de rappeler une réalité souvent occultée : l’Algérie est capable d’offrir au monde des scènes de bonheur collectif d’une rare intensité. Un pays où la passion populaire peut embraser le ciel sans embraser les rues. Un pays où la ferveur sportive s’exprime davantage par les chants et les célébrations que par la casse et les violences.

Le ciel rouge d’Alger n’était pas celui de la colère ou du chaos. Il était celui de la fête. Et cette image-là méritait, elle aussi, de faire le tour du monde

M. H.

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