Par Mourad Bellal – Monsieur le Président, en tant que supporter de longue date de l’équipe nationale et Algérien vivant à l’étranger, je me permets de vous adresser cette lettre avec beaucoup de respect, mais aussi avec une profonde déception et une réelle inquiétude quant à la situation actuelle de notre sélection nationale.
Je tiens à préciser d’emblée que ce n’est pas une défaite contre l’Argentine, aussi douloureuse soit-elle, qui motive cette démarche. Une défaite fait partie du sport. Ce qui m’amène à vous écrire est un constat qui s’est installé depuis plusieurs mois : celui d’une équipe qui semble avoir perdu ses repères, son identité et, surtout, la confiance qui faisait autrefois sa force.
Comme des millions d’Algériens, en Algérie et à travers le monde, nous vivons chaque rencontre avec passion. Pour nous, l’équipe nationale représente bien plus qu’une sélection de football : elle est un symbole d’unité, de fierté et d’appartenance. A l’étranger, nous transmettons cet amour de l’Algérie à nos enfants, qui portent fièrement le maillot des Fennecs. Aujourd’hui, ces mêmes enfants nous interrogent, ne comprennent plus les contre-performances répétées dans les compétitions officielles et commencent à perdre cette part de rêve que leur procurait notre équipe nationale.
Il est temps d’agir.
Votre responsabilité, en tant que président de la Fédération, est immense. Vous avez entre vos mains l’avenir du football algérien et l’espoir de millions de supporters. C’est pourquoi je me permets de formuler plusieurs propositions.
La première concerne le sélectionneur national. Un entraîneur doit naturellement bénéficier de stabilité, mais celle-ci ne peut être inconditionnelle. Les résultats, la progression de l’équipe, la qualité du jeu et la capacité à atteindre les objectifs fixés doivent rester les seuls critères d’évaluation. Si ces critères ne sont plus remplis, il appartient à la Fédération de prendre les décisions qui s’imposent, dans l’intérêt supérieur de la sélection nationale.
Le deuxième point concerne le poste de gardien de but.
L’histoire du football est sans équivoque : aucune grande nation n’a remporté une compétition majeure sans disposer d’un gardien d’exception. Les plus grands titres se gagnent souvent grâce à un dernier rempart capable de sauver son équipe dans les moments décisifs.
Aujourd’hui, ce poste apparaît comme l’une des principales faiblesses de notre sélection.
Si aucun gardien actuellement disponible ne présente les garanties nécessaires, la Fédération doit avoir le courage d’explorer toutes les solutions, y compris en identifiant des gardiens de haut niveau susceptibles d’acquérir la nationalité algérienne conformément à la réglementation. Cette démarche n’aurait rien de déshonorant. De nombreuses grandes nations y ont eu recours afin de renforcer leur compétitivité. L’objectif doit rester unique : construire la meilleure équipe possible pour représenter dignement notre grand pays.
Enfin, un aspect est, selon moi, largement sous-estimé : la préparation mentale.
Nos joueurs possèdent les qualités techniques nécessaires pour rivaliser avec les meilleures équipes. Pourtant, lors des rencontres importantes, ils semblent souvent paralysés par l’enjeu, perdent leurs moyens et manquent de confiance.
Le football moderne ne se limite plus à la préparation physique et tactique. Les plus grandes sélections du monde s’appuient désormais sur des préparateurs mentaux et des psychologues du sport. L’Algérie ne peut rester à l’écart de cette évolution. Un accompagnement psychologique permanent permettrait de renforcer la confiance, la résilience, la gestion du stress et la cohésion du groupe.
Notre pays dispose d’un immense potentiel.
Des joueurs talentueux évoluent dans les meilleurs championnats européens. Nos jeunes regorgent de qualités. Nos supporters comptent parmi les plus passionnés du monde. Tout est réuni pour bâtir une grande équipe.
Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est une vision claire, une exigence permanente de performance et le courage de prendre, lorsque cela est nécessaire, des décisions fortes.
Monsieur le Président, cette lettre n’est ni un réquisitoire ni une critique gratuite. Elle est l’expression sincère d’un supporter qui refuse de voir son équipe nationale s’éloigner de son véritable niveau.
Nous continuerons toujours à soutenir les Fennecs. Mais ce soutien mérite d’être accompagné d’une ambition à la hauteur de notre histoire et des attentes de tout un peuple.
L’Algérie a les moyens de retrouver sa place parmi les grandes nations et de rivaliser à nouveau sur la scène internationale. Nous espérons simplement que les décisions qui permettront d’y parvenir seront prises sans attendre.
M. B.
Supporter de l’équipe nationale algérienne
Université de Mons, Belgique



Je me retrouve parfaitement dans cette lettre et je remercie son auteur. Je souhaite juste ajouter qu’il est quand même étrange que depuis plusieurs années, et à chaque fois que l’équipe est appelée à jouer un match décisif, les joueurs, habituellement très efficaces, s’avèrent brusquement comme paralysés. Des fois, je suis tenté de penser que d’une façon ou d’une autre, ils font peut être l’objet de chantage et autres modes de pression dont certains pays qui ne nous veulent pas que du bien ont largement les moyens.