Par Mrizek Sahraoui – En plus de produire et vendre du haschich, et accueillir tous les pédophiles de la planète, le royaume de l’Ouest a fait ce qu’il sait faire de mieux : du gangstérisme géopolitique. L’invasion de l’enclave espagnole, le 29 juillet dernier, par des dizaines de milliers de sujets du roi n’a rien d’une action spontanée, encore moins d’une crise humanitaire fortuite.
Il faut être dupe pour tomber dans une telle manipulation même savamment orchestrée. Pas plus qu’il ne faut être expert en relations internationales pour comprendre que cette arrivée massive de Marocains, dont la quasi-totalité a déjà regagné les domiciles après avoir amplement accompli la mission, ce flux massif de migrants marocains, donc, vise plusieurs objectifs machiavéliques.
A chaque fois que Madrid prend une initiative qui déplaît au Makhzen, le scénario se répète avec la précision d’un mécanisme d’horlogerie. Ce n’est pas la première fois que des milliers de damnés de la terre déferlent soudainement sur les côtes espagnoles ou assaillent les grilles de Ceuta et Melilla. Ce que la propagande du Makhzen tente de farder en «crise humanitaire fortuite» n’a rien d’un accident. C’est la parfaite illustration d’une stratégie bien huilée de guerre hybride. Un pur exercice d’extorsion géopolitique dont la finalité est de soumettre le gouvernement espagnol aux desiderata du triumvirat Maroc-Israël-Etats-Unis.
S’agissant du timing, celui-ci dissipe, en effet, tous les doutes et rend caducs les artifices avancés par le Makhzen via la presse aux ordres de la DGED. En l’espace de 48 heures à peine, un flux inouï de 60 000 personnes s’est rué sur l’enclave espagnole. Cette offensive migratoire est intervenue au lendemain de la visite plus que fructueuse de Pedro Sanchez en Algérie. Elle n’est par conséquent qu’une riposte vindicative portée à l’endroit du gouvernement espagnol. Pour le régime monarchique moribond, la détresse humaine n’est pas un drame à juguler, mais une digue politique que l’on ouvre pour punir toute démarche qui lui échappe.
Pendant que l’enclave espagnole subissait cette déferlante à un rythme effarant de «200 personnes par minute», le journaliste espagnol Ignacio Cembrero a dénoncé, ont rapporté des médias européens, «l’inaction préméditée du dispositif sécuritaire marocain». «Les forces de sécurité marocaines sont restées les bras croisés. Pour atteindre la digue qui marque la frontière entre Ceuta et le Maroc, il y a des cordons de police et de forces auxiliaires, et il est évident qu’on les a laissés passer. Sinon, cela ne se serait pas produit», a-t-il cinglé.
Par ailleurs, Carlos Echeverría, directeur de l’Observatoire de Ceuta et Melilla, a, pour sa part, fustigé «le chantage permanent exercé par le Maroc». Avant d’ajouter : «Face à cette menace sur sa souveraineté, l’Espagne doit européaniser la crise et obtenir des mesures de rétorsion fermes de la part de l’Union européenne contre le Maroc.»
Il est clair que ce marchandage de la misère dépasse la simple querelle de voisinage. On est de toute évidence face à un plan global visant à punir l’Espagne pour ses prises de position fermes contre le génocide à Gaza et sa reconnaissance explicite de l’Etat de Palestine. Le relâchement du contrôle migratoire vers Ceuta a été utilisé par le Makhzen, en étroite articulation avec l’entité sioniste, comme un levier stratégique pour atteindre plusieurs objectifs, notamment faire de l’Espagne un paria. C’est désormais chose faite, puisque plusieurs pays européens se désolidarisent ouvertement de leur voisin du Sud.
M. S.


