Par Kamel M. – De nouveaux développements alimentent la polémique autour de l’entrée massive de dizaines de milliers de migrants marocains dans l’enclave espagnole de Ceuta. Selon plusieurs médias espagnols, la Guardia Civil affirme avoir détecté la présence d’agents des services de renseignement marocains infiltrés parmi les migrants ayant franchi irrégulièrement la frontière lors de la récente vague migratoire.
Le média espagnol El Español rapporte, citant des sources de l’état-major de la Guardia Civil, que ces individus ont été repérés grâce au système de vidéosurveillance déployé le long du périmètre frontalier de Ceuta. Selon ces mêmes sources, les agents appartiennent au service de renseignement marocain – la DGED dirigée par Yassine Mansouri – et se sont mêlés aux groupes de migrants afin d’observer le déroulement de l’opération.
Toujours d’après El Español, cette présence ne constitue pas un phénomène inédit. Des responsables de la Guardia Civil interrogés par le journal estiment que des infiltrations similaires ont déjà été constatées lors de précédentes crises migratoires à Ceuta et Melilla. Les sources citées considèrent qu’une telle opération relève des méthodes de la «guerre hybride», combinant pression migratoire et collecte de renseignements.
Les objectifs attribués à ces agents sont multiples : suivre de près le déroulement de l’arrivée massive des migrants, recueillir des informations sur le dispositif sécuritaire espagnol, observer la réaction opérationnelle des forces de sécurité et rendre compte de la situation aux autorités marocaines qui se chargeront d’en informer Israël.
Ces révélations interviennent alors que les circonstances ayant conduit à l’arrivée de près de 60 000 migrants à Ceuta continuent de susciter un vif débat en Espagne. D’autres médias, comme The Objective, affirment que les services de renseignement espagnols ont alerté les autorités sur le risque d’une arrivée massive avant les événements.
Cette révélation vient renforcer la thèse, défendue par une majeure partie de la classe politique et des médias espagnols, selon laquelle la vague migratoire ayant submergé Ceuta ne relève pas d’un simple mouvement spontané, mais d’une opération encadrée, au moins en partie, par les services secrets marocains. La présence d’agents du renseignement marocain au sein des groupes de migrants tend à démontrer une implication directe des services d’espionnage du Makhzen dans le déroulement de cette opération, en cohérence avec les analyses qui décrivent cette crise comme un épisode de «guerre hybride» visant à exercer une pression sur l’Espagne.
K. M.


