Plus de 60% des Espagnols considèrent que l’Espagne devrait «s’éloigner du Maroc», un pays perçu comme une grande «menace», selon une enquête menée par SocioMetrica.
Cette enquête publiée dimanche dans les colonnes du journal, El Espanol, indique que 61,4% des Espagnols, interrogés sur les relations diplomatiques de leur pays, voudraient un éloignement politique du régime marocain, tandis que plus de la moitié de la population soit 57,6% estiment que le Maroc constitue une menace sur la sécurité de leur pays.
Même au niveau des partis politiques, 52% des électeurs du PSOE, 97,3% du Parti populaire et 92,2% de Vox, pensent que l’Espagne «devrait s’éloigner» du Maroc, souligne l’enquête SocioMétrica.
Le Maroc représente une source d’inquiétudes sécuritaires à la frontière sud de l’Espagne, étant le premier producteur mondial de haschisch et principal fournisseur pour le marché européen.
Dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants en provenance du Maroc, la police espagnole avait découvert, le 31 mars 2026, un vaste tunnel souterrain comptant plusieurs niveaux et équipé de rails et de wagons servant à transporter des ballots de haschich entre le Maroc et l’Espagne, à Ceuta, selon le ministère espagnol de l’Intérieur.
Plusieurs réseaux criminels actifs dans le trafic d’êtres humains et de drogue entre le Maroc et l’Andalousie sont régulièrement démantelés par la Garde civile espagnole, des embarcations rapides utilisées pour le trafic de drogue sont confisquées et d’énormes quantités de haschich sont saisies quasi-quotidiennement.
R. I.




A cause du trafic de stupéfiants ?
Le MAROC, MAKHEZEN et lSRAEL sont dans le trafic de stupéfiants vers l’Europe pour ramasser le cash, leurs soldats sont les jeunes des cités françaises de toutes origines.
Tous ces jeunes sont manipulés, ils pensent devenir riche mais finissent au cachot, derrière les barreaux, leurs noms et nationalité salis à tout jamais et empilent les dossiers et condamnations dans les palais de justice à essayer de se défendre.
Ensuite, Eric Zemmour sort du bois et dit, il y a plein d’immigrés dans les prisons.
La perception espagnole des tensions au sud de la Méditerranée agit aujourd’hui comme un révélateur : elle met en lumière, côté algérien, une lecture déjà ancrée d’un environnement régional en recomposition permanente. Les sondages relayés en Espagne traduisent moins une peur irrationnelle qu’un climat de vigilance nourri par les crispations diplomatiques récurrentes avec Rabat.
Dans ce contexte, le Maroc semble engagé dans une stratégie de montée en puissance où le discours joue un rôle central. La communication sécuritaire et militaire occupe une place croissante, donnant l’image d’un pays en trajectoire ascendante sur le plan stratégique. Mais cette dynamique relève autant de la projection politique que d’une transformation militaire aux effets réels encore discutés.
L’idée d’un basculement du rapport de force par le seul effet d’un réarmement ou d’une industrialisation militaire accélérée reste, pour de nombreux observateurs, largement surestimée. Les capacités militaires ne se décrètent pas uniquement par l’acquisition de matériels ou l’annonce de programmes, mais par la profondeur doctrinale, l’expérience opérationnelle et la cohérence stratégique.
Cela ne signifie pas que ces évolutions soient sans importance, notamment lorsqu’elles se concentrent sur des zones sensibles proches des frontières. Elles alimentent au contraire une lecture attentive et parfois inquiète des équilibres régionaux.
Au Maroc même, les lectures divergent. Une première tendance estime que la modernisation militaire ouvre des perspectives nouvelles, y compris face à des adversaires régionaux perçus comme mieux structurés mais plus rigides. Une seconde approche, plus prudente, considère qu’un affrontement direct avec un acteur comme l’Algérie comporterait des coûts stratégiques considérables et des incertitudes majeures.
En face, l’Armée nationale populaire algérienne maintient une doctrine fondamentalement défensive. Elle observe ces évolutions sans surenchère publique, dans une logique de préparation et de dissuasion plutôt que de projection.
Du côté espagnol, les inquiétudes exprimées dans une partie de l’opinion doivent être replacées dans leur contexte : celui d’un débat interne nourri par les enjeux migratoires et la mémoire des tensions bilatérales. Toutefois, l’appartenance de l’Espagne aux structures euro-atlantiques et ses alliances européennes constituent un facteur de stabilisation déterminant.
Les épisodes de tension ponctuelle, à l’image de l’îlot Persil, rappellent surtout une réalité : dans cette région, les démonstrations de force ont souvent une portée symbolique supérieure à leur traduction stratégique réelle.
Au final, la région reste structurée par un double niveau de lecture : celui du discours et de la communication d’un côté, et celui des rapports de force effectifs de l’autre. Entre les deux, s’installe un espace d’interprétation où la perception pèse parfois autant que la puissance elle-même.