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Empreinte humaine

Par Mehenna H. – A Naâma, l’émotion est palpable, presque irréelle. Dans les rues comme dans les foyers, un même sentiment domine, celui d’un attachement profond à un homme, Lounès Bouzegza, qui, en quittant ses fonctions de wali pour rejoindre le gouvernement en tant que ministre de l’Hydraulique, laisse derrière lui bien plus qu’un poste vacant. Il laisse une empreinte humaine.

Voir une population exprimer ouvertement sa tristesse face au départ d’un représentant de l’Etat est un fait suffisamment rare pour être souligné. Dans un contexte où la distance entre citoyens et institutions est souvent pointée du doigt, Naâma offre l’image inverse, presque inattendue, d’une relation bâtie sur la confiance, le respect et la proximité.

Ce wali n’a pas cherché à séduire par des discours, mais à convaincre par des actes. Sa rectitude dans la gestion, son humilité dans le contact quotidien, et sa disponibilité constante ont progressivement tissé un lien solide avec la population. Il ne s’est pas contenté d’occuper une fonction, mais l’a incarnée avec dignité et exigence. Chaque projet lancé, chaque problème pris en charge portait la marque d’un engagement sincère au service de l’intérêt général.

Les habitants de Naâma ne pleurent pas seulement un responsable administratif. Ils saluent un homme qui a su écouter sans condescendance, agir sans calcul, et servir sans ostentation. En cela, il devient une figure exemplaire, rappelant que l’action publique peut encore être synonyme de probité et d’efficacité.

Son départ vers le ministère de l’Hydraulique ouvre une nouvelle page, porteuse d’espoir à une échelle plus large. Si les défis changent de dimension, les attentes restent les mêmes, celles de voir perdurer cette approche fondée sur la rigueur et la proximité. Naâma, dans sa tristesse, exprime aussi une forme de fierté. Celle d’avoir été le théâtre d’une expérience réussie de gouvernance locale.

Cet épisode mérite d’être médité. Il démontre qu’un fonctionnaire de l’Etat, par la force de son intégrité et de son travail, peut non seulement accomplir sa mission, mais aussi gagner l’estime et l’affection sincère de ceux qu’il sert. Une leçon précieuse, à l’heure où l’exemplarité n’est plus une option, mais une nécessité.

M. H.

4 Commentaires

  1. « Son départ vers le ministère de l’Hydraulique ouvre une nouvelle page, porteuse d’espoir à une échelle plus large. » souligne M. H..

    Permettez moi de formuler mon humble espoir à mon échelle réduite:

    Monsieur le ministre, pouvez vous exiger des responsables de l’ouverture et de la fermeture des vannes des « châteaux d’eau » de respecter les citoyens lambda en ne les ouvrant pas à des heures impossibles, du genre à 2h du matin, pour les refermer à 6h du matin et à respecter une programmation de distribution de l’eau qui permette aux citoyens lambda de prendre leurs dispositions?

    Moralité de l’histoire: il n’y en a aucune, à part que ce wali devenu ministre, devrait être, constamment, présenté comme une référence à nos augustes dirigeants.

    Wa el fahem yefhem.

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  2. Le respect qui s’impose est de façade, le véritable se mérite.
    Inspirer ce sentiment, ça ne s’improvise pas.

    À méditer.

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  3. Le Népotisme , le Clientélisme , le Régionalisme ….sont des POISONS
    .
    Il est Urgent d’Encadrer , de Valoriser et Promouvoir l’Emergence de l’Elite Méritocratique 🇩🇿 Algérienne en Algérie.
    Primauté des Compétences …Dans tous les Domaines
    Économique, Politique, Scientifique, Culturelle…
    .
    Personnellement, je pense que la mise en place d’un Cadre Méritocratique de Sélection pour les Postes de Responsabilité des Politiques Publiques est une Condition Obligatoire
    …Désolé mais Il n’y a pas d’Alternative.

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  4. Si les médias remplissent une mission essentielle auprès de l’opinion, le citoyen algérien que je suis apprend bien plus dans le contact direct avec ses compatriotes qu’en se fiant au jugement des commentateurs si talentueux et si perspicaces qu’ils paraissent. C’est sans doute pourquoi, au risque d’être parfois incompris, il se soucie sur ses capacités d’analyses qui se fondent sur une connaissance personnelle et approfondie de la société algérienne et une perception aigue des mentalités.

    Notre devoir, c’est toujours de se référer à l’histoire. L’ignorer serait une coupable imprudence, d’autant que cette même histoire ne cesse de se répéter et semble inlassablement tirer parti de l’inconscience ou de l’amnésie des citoyens algériens. Cela est en parti vrai quand il s’agit du néo patrimonialisme qui a permis l’émergence d’une république de copains et de coquins : source des années de morgue.

    L’Algérie, prytanée d’une nouvelle génération de cadres et de responsables attachée à l’unité nationale, ayant le sens de l’intérêt public et animée d’une volonté profonde de redresser puis de moderniser et de développer l’appareil productif est une réalité qui ne doit pas être négligée.

    Pour une Algérie meilleure qu’elle ne l’est aujourd’hui, le président de la république se doit de faire appel à cette génération d’intellectuels emblématiques des lumières ; ces élites modernisatrices qui s’identifient au progrès, à la science, aux forces productives et à la rationalité.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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