Par Kahina B.-H. – A cause de l’influence de l’entité sioniste, qui progresse rapidement sur le continent africain, ce dernier est aujourd’hui divisé en deux blocs bien distincts.
Pour s’implanter, l’Etat hébreu mise sur la sécurité et la technologie. Cette stratégie cible désormais directement le Sahel, une région confrontée à la menace djihadiste et ayant rompu avec ses partenaires occidentaux traditionnels, comme la France. L’Alliance des Etats du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, est au centre de toutes les attentions.
Le Burkina Faso vient d’ailleurs d’accepter l’accréditation d’un nouvel ambassadeur israélien. En coulisses, des discussions similaires se déroulent avec le Mali. Cet ambassadeur est également accrédité en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo. Pour séduire ces pays, Israël propose du matériel de haute technologie : des drones de surveillance et des outils de cyber-renseignement réputés très efficaces. Dans cette démarche, le régime de Tel-Aviv bénéficie de la complicité du Maroc et des Emirats arabes unis, qui facilitent les contacts dans la région.
Ce modèle d’échange «technologie contre soutien diplomatique» fonctionne déjà ailleurs. Le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda collaborent depuis longtemps avec Israël. Fin 2025, l’Etat hébreu a également reconnu la sécession du Somaliland, une décision politique qui lui permet de se positionner stratégiquement face à la mer Rouge.
Cependant, cette percée est loin de faire l’unanimité. Une partie importante du continent refuse ce rapprochement, au nom de la lutte contre le colonialisme et en soutien au peuple palestinien. Ce front du refus est dirigé par l’Afrique du Sud et l’Algérie, pour lesquelles la défense de la Palestine fait partie de leur propre histoire anticoloniale et révolutionnaire.
Ces deux pays sont loin d’être isolés. Ils reçoivent le soutien d’un bloc solide composé d’Etats du Maghreb – Tunisie, Libye, Mauritanie – et d’Afrique australe – Namibie, Mozambique. Ensemble, ils mènent une bataille politique acharnée au sein de l’Union africaine contre tous ceux qui essaient d’imposer l’entité sioniste au sein de cette institution africaine.
Leur plus grande victoire à ce jour reste le blocage du statut d’observateur qu’Israël tente d’obtenir auprès de l’organisation panafricaine. Pour ces Etats, accueillir Israël serait une trahison des valeurs fondatrices de l’Afrique.
L’Afrique est donc devenue le théâtre d’un bras de fer majeur. En tendant la main, directement ou indirectement, aux pays de l’AES, notamment au Mali, l’entité sioniste menace directement la sécurité nationale de l’Algérie. Elle cherche à contrer les axes diplomatiques pro-palestiniens et d’autres puissances hostiles à Tel-Aviv en Afrique, avec l’appui de ses deux vassaux que sont le Makhzen et les Emirats.
K. B.-H.



