Mardi à l’Université de Béjaïa, le Centre de recherche en langue et culture amazighes (CRLCA) a organisé un colloque de deux jours dédiés à la chanson patriotique d’expression amazighe comme instrument de conscientisation et de résistance durant la Guerre de libération nationale.
Réunis au campus d’Aboudaou à l’occasion du 64e anniversaire de l’Indépendance et en hommage au chanteur Allaoua Zerrouki, les chercheurs ont démontré que ce patrimoine immatériel a devancé et accompagné la révolution dès les années 1940. Alliant texte et musique pour toucher directement l’affect des masses populaires, la poésie chantée s’est avérée un vecteur de transmission et de mobilisation bien plus mémorisable que les tracts.
Les participants ont mis en lumière l’impact d’œuvres phares, à l’instar de celles de Hocine Aït Ahmed, de Taleb Rabah ou de Farid Ali — artiste engagé sur le terrain au sein du FLN —, tout en soulignant le rôle crucial des voix féminines, véritables archives vivantes ayant documenté les combats et immortalisé les martyrs et les chefs comme le colonel Amirouche.
Face à la double fonction morale et identitaire de ce legs historique, la rencontre s’est clôturée sur la volonté d’élaborer une cartographie nationale de la poésie de la résistance, de créer une plateforme numérique d’archivage et de pérenniser ce rendez-vous sous une forme biennale.
R. C.


