Par Zohra Bouguern – La sortie prochaine du film de Christopher Nolan, «L’Odyssée», suscite la polémique. Le réalisateur a choisi de tourner plusieurs scènes dans la ville sahraouie de Dakhla, sur recommandation des autorités marocaines, soutenues par des relais sionistes.
Dakhla est située dans le territoire du Sahara Occidental occupé par le Maroc. Ce choix provoque de nombreuses réactions dans le milieu cinématographique et la presse internationale.
La directrice du festival FiSahara, Maria Carrion, et l’acteur Javier Bardem figurent parmi les personnalités appelant au boycott et dénonçant «une complicité délibérée avec l’occupation illégale et brutale du Sahara Occidental par le Maroc» qui «foule aux pieds le droit international et plus précisément le droit du peuple sahraoui à son territoire et à ses ressources». La pétition internationale a rassemblé plus d’un millier de personnalités, d’associations et d’ONGs.
L’engagement de la société civile espagnole constitue sans doute le fait le plus marquant. C’est d’ailleurs en Espagne qu’a été lancé l’appel au boycott.
La question de l’occupation du Sahara Occidental est un enjeu sociétal chez nos voisins ibériques. En Espagne, plus de 200 associations forment un important réseau de soutien au peuple sahraoui.
Ces associations s’appuient sur l’engagement de nombreux Espagnols qui entretiennent des liens étroits avec la population sahraouie. Les campagnes et les actions d’envergure sont constantes. Ce réseau de solidarité a commencé à prendre forme à la fin du franquisme, notamment à la suite des accords de Madrid de 1975.
Les choix culturels ne sont pas toujours détachés des stratégies d’influence des Etats. La mobilisation espagnole rappelle que le Sahara Occidental reste une question où se croisent autodétermination, droit international et engagement citoyen.
Z. B.



