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Marzouki de Tarascon

Par M. Aït Amara – Moncef Marzouki, notre Tartarin de circonstance, aime les grands airs, les poses martiales et les envolées de bravache. Il se rêve en redresseur de torts, en homme de caractère, en pourfendeur des faibles. Mais il suffit d’un seul coup bien porté pour que le décor s’effondre et que le personnage apparaisse enfin sans son costume.

L’uppercut que lui a asséné Abdelaziz Rahabi n’a pas seulement fait vaciller sa posture : il l’a dénudé. Celui qui prétendait incarner la fermeté s’est retrouvé face à une personnalité qui, avec une précision redoutable, a exposé ses contradictions, ses petitesses et ce vil ressort qui se dissimulait derrière la fanfaronnade, dont la dernière a consisté en une réponse dans un journal pro-marocain à capitaux arabes.

On aurait pu attendre une riposte. Une explication. Même une colère. Bref, quelque chose qui ressemblât au courage dont notre Tartarin se prétend si généreusement pourvu. Mais non.

A peine le coup encaissé, le voilà qui se précipite pour se prosterner devant son roi. Le fier matamore s’est mué en courtisan. Le coq de combat s’est aplati comme un tapis de palais devant Mohammed VI. Et cette nouvelle courbette en dit infiniment plus long que toutes ses rodomontades précédentes.

C’est que le problème n’est pas d’avoir perdu un échange. Les hommes de caractère connaissent la défaite et savent la regarder en face. Le problème est de découvrir, encore une fois, que la bravoure de la marionnette tunisienne du Makhzen n’était qu’un accessoire de scène et que, derrière les grands discours, il n’y avait qu’une révérence soigneusement entretenue envers ses maîtres de Rabat.

Le spectacle serait presque comique s’il n’était aussi révélateur. Tartarin voulait passer pour un lion ; il nous découvre finalement la docilité d’un courtisan. Il voulait donner des leçons de dignité ; il nous offre une démonstration de servilité.

L’uppercut de Rahabi n’a donc pas seulement atteint l’homme. Il a pulvérisé le personnage. Et lorsqu’un masque tombe aussi proprement, inutile de le recoller, tant le public a déjà vu ce qu’il y a dessous.M. A.-A.

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