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Cette analyse d’un expert espagnol qui révèle la stérilité des soutiens accumulés par le Maroc

Par Mohamed K. – Une analyse publiée par El Pais met en évidence une réalité essentielle : la multiplication des prises de position favorables à la thèse marocaine ne règle pas la question du Sahara Occidental. Elle montre surtout l’intense activité diplomatique déployée par le régime de Rabat pour obtenir des soutiens à sa proposition d’autonomie et pour convaincre ses partenaires que le dossier devrait désormais être considéré sous cet angle.

Washington, Paris, Madrid et certaines autres capitales ont adopté des positions plus favorables à la proposition marocaine. Des consulats ont également été ouverts à Laâyoune et Dakhla, tandis que le Makhzen noue des relations économiques, militaires et diplomatiques destinées à consolider cette orientation. Mais une succession de soutiens politiques ne constitue aucunement un règlement du conflit ni une reconnaissance internationale pleine et entière de la souveraineté marocaine sur le territoire.

C’est précisément là que se trouve la limite de cette stratégie. Chaque nouvelle déclaration favorable est présentée comme une étape supplémentaire, mais aucune ne permet de clore le dossier. Une position adoptée par un gouvernement peut évoluer avec le temps, mais elle ne remplace ni le droit international ni le processus des Nations unies, explique l’expert espagnol.

L’article d’El Pais montre d’ailleurs à quel point le Sahara Occidental est devenu un élément central de la politique étrangère marocaine. Le régime marocain juge de plus en plus ses relations internationales à travers la position de ses partenaires sur cette question. Une grande partie de son activité diplomatique consiste ainsi à obtenir de nouvelles prises de position favorables. Mais l’accumulation de déclarations est loin d’être synonyme de règlement.

L’ouverture d’un consulat à Dakhla ne modifie pas à elle seule le statut du territoire. Un investissement étranger n’établit pas une souveraineté. Une coopération militaire ne répond pas à la question de l’autodétermination. Et le soutien d’un Etat, aussi important soit-il, ne peut se substituer à un règlement international du conflit. C’est ce constat pertinent que souligne le journal espagnol.

C’est pourquoi cette diplomatie apparaît, au fond, particulièrement stérile : beaucoup d’énergie est consacrée à obtenir des soutiens supplémentaires, sans que ceux-ci permettent de résoudre la question centrale. Le dossier continue d’exister et le peuple sahraoui demeure le principal intéressé par son règlement, étaye l’expert.

Cette dimension est d’ailleurs l’une des faiblesses relevées dans l’analyse d’El Pais. Les grandes puissances, leurs alliances, leurs intérêts économiques et leurs stratégies diplomatiques occupent une place considérable dans le récit, alors que la voix du peuple sahraoui reste largement absente. Le Sahara Occidental risque ainsi d’être présenté comme un simple échiquier sur lequel s’affrontent les diplomaties, alors qu’il s’agit avant tout d’une question de décolonisation et d’autodétermination, insiste le journal madrilène.

La multiplication des soutiens à Rabat ne fait donc que modifier l’environnement diplomatique du conflit. Elle ne fait pas disparaître la question fondamentale : quel sera le statut définitif du Sahara Occidental et comment le peuple sahraoui pourra-t-il exercer son droit à l’autodétermination ?, interroge le journal. Et d’expliquer que c’est là toute la différence entre une victoire diplomatique ponctuelle et un règlement définitif. Les déclarations politiques peuvent s’accumuler, les alliances peuvent se multiplier et les cartes diplomatiques peuvent évoluer.

Mais aucune de ces démarches ne transforme automatiquement une revendication de souveraineté en souveraineté reconnue, fait remarquer l’analyse, qui relativise à juste titre la portée des annonces régulièrement présentées comme des avancées décisives pour le régime de Rabat. Elles témoignent surtout d’une stérile bataille diplomatique autour du Sahara Occidental. Or, après des décennies de déclarations, de soutiens successifs et de pressions internationales, le problème demeure entier.

La «diplomatie du spectacle» marocaine, telle que l’a qualifiée l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, résume cette contradiction : beaucoup de gesticulations, beaucoup de soutiens affichés, mais aucune solution définitive au dossier sahraoui. Tant que le statut du territoire n’est pas réglé et que le peuple sahraoui n’a pas pu exercer son droit à l’autodétermination, les communiqués et les déclarations de soutien resteront précisément ce qu’ils sont : des positions politiques sans lendemain.

M. K.

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