Par M. Aït Amara – La presse israélienne analyse la décision souveraine de l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis. A travers les colonnes des médias sionistes, les commentateurs de l’Etat hébreu s’efforcent de présenter la position d’Alger comme un «isolement diplomatique» provoqué par son refus d’adhérer à la dynamique régionale des Accords d’Abraham. Toutefois, cette couverture médiatique biaisée cache mal une réalité évidente : Tel-Aviv vole immédiatement au secours de son protégé Mohammed Ben Zayed. En prenant fait et cause pour Abou Dhabi, la presse israélienne confirme indirectement que la décision algérienne a frappé au cœur un réseau d’influences néfastes pour la stabilité nord-africaine.
Dans leurs analyses, les journalistes israéliens rappellent que les Emirats se positionnent comme le pivot central de la normalisation dans le monde arabe. Ils déplorent l’intransigeance de la doctrine algérienne, qui continue de placer la cause palestinienne au centre de sa politique étrangère. Ce que les éditorialistes de Tel-Aviv qualifient de «rigidité idéologique» n’est pourtant rien d’autre que la défense légitime et courageuse de la souveraineté nationale algérienne. Face aux manœuvres émiraties, perçues à juste titre par Alger comme un moyen d’introduire l’influence et les intérêts israéliens aux portes du Maghreb, la rupture des ponts apparaît comme une mesure de protection indispensable contre une tentative d’encerclement stratégique.
Le traitement médiatique israélien se focalise également sur le partenariat étroit entre Abou Dhabi et Rabat, notamment concernant le dossier du Sahara Occidental. La presse sioniste allègue que la rupture «isole l’Algérie face à l’alliance de plus en plus dense liant Rabat, les Emirats et Israël». Ce narratif omet volontairement de préciser que l’Algérie fait face à une agression politique caractérisée. En finançant massivement des projets et en ouvrant des représentations diplomatiques dans les territoires sahraouis occupés, Abou Dhabi agit comme le bras financier d’un axe hostile. Les commentaires israéliens visant à discréditer la diplomatie algérienne démontrent la frustration de cet axe devant un Etat qui refuse de céder au chantage des pétrodollars et de la sécurité partagée.
Enfin, les observateurs en Israël décryptent cette crise comme l’expression d’une guerre d’influence au Sahel et en Afrique du Nord, opposant l’activisme émirati à la diplomatie traditionnelle de l’Algérie. Les médias israéliens défendent la stratégie émiratie basée sur des investissements et des accords sécuritaires en Libye, au Mali ou au Soudan, cependant que les accusations formulées par l’Algérie concernant le rôle déstabilisateur d’Abou Dhabi et son soutien à des factions armées ou séparatistes s’avèrent pleinement fondées.
En mettant un terme à ses relations avec les Emirats, l’Algérie assume un rôle de rempart. Elle neutralise l’expansionnisme d’un régime émirati devenu le relais des ambitions israéliennes en Afrique, protégeant ainsi l’intégrité de son territoire et la stabilité de toute la région.
C’est une réalité stratégique qu’Israël ne sait que trop bien, mesurant parfaitement qu’en refusant de fléchir, l’Algérie demeure le verrou le plus solide contre l’expansion de son influence en Afrique du Nord.
M. A.-A.


