Par Mohamed K. – L’APS vient de jeter un pavé dans la fange maroco-émiratie à travers une enquête de fond implacable, révélant la face cachée des ambitions d’Abou Dhabi au Maghreb. Selon un article d’investigation de l’agence de presse officielle, les Emirats arabes unis ont franchi un cap dangereux : ils ne se contentent plus de simples investissements financiers au Maroc, mais ont littéralement orchestré une OPA hostile sur les leviers stratégiques du quatrième pouvoir marocain, réduisant les médias du royaume à l’état de mercenaires informationnels cyber-dirigés contre l’Algérie.
Le travail minutieux de l’APS met en lumière une véritable stratégie de vassalisation. En injectant massivement des capitaux sombres, les Emirats arabes unis sont parvenus à s’emparer des commandes du paysage médiatique marocain, transformant des rédactions autrefois relevant exclusivement du Makhzen en outils de propagande au service d’une hégémonie agressive. L’enquête souligne la complicité active du régime marocain et de son allié, l’entité sioniste, formant un axe délétère dont le but avoué est d’étendre l’influence émiratie sur l’Afrique et le Sahel, tout en semant méthodiquement le chaos au sein du monde arabe.
Pour asseoir cette domination, Abou Dhabi s’est attaqué aux fondations mêmes de la souveraineté marocaine – si tant est qu’elle ait existé un jour. Le dossier de l’APS s’appuie sur des données économiques accablantes : les Emirats détiennent désormais 53% des actions du groupe Maroc Telecom, le leader national des télécommunications. L’infrastructure numérique du pays est ainsi passée sous pavillon étranger. Pour verrouiller ce dispositif de surveillance et de diffusion, une enveloppe de 4,4 milliards de dirhams (soit 403 millions d’euros) a été injectée pour la période 2025-2028 sous couvert de développement de la fibre optique et de la 5G.
En contrôlant les tuyaux par lesquels transitent l’information et les réseaux sociaux, Abou Dhabi s’est offert un droit de regard et de manipulation direct sur l’ensemble des contenus numériques diffusés dans la région.
Au-delà de la mainmise structurelle, le financement direct de la désinformation par le palais émirati donne le vertige. L’investigation rigoureuse de l’APS documente le versement occulte de 15 millions d’euros au Maroc en 2023, injectés exclusivement pour abreuver des campagnes médiatiques de dénigrement. Ces fonds ont servi à fabriquer de toutes pièces des récits politiques fallacieux et hostiles à l’Algérie, ciblant de manière obsessionnelle ses positions sur les dossiers régionaux les plus sensibles.
En révélant les rouages de cette machination, l’APS lève le voile sur une alliance cynique où le Maroc cède ses médias et sa souveraineté numérique au plus offrant, acceptant de devenir la base arrière d’une guerre informationnelle émiratie stérile et dangereuse pour la stabilité de toute l’Afrique du Nord.
M. K.


