Par M. Aït Amara – L’émotion est immense après la violente agression dont a été victime Wassim, l’adolescent algéro-américain de 14 ans, lynché par les hordes sauvages marocaines en marge d’un match du Maroc lors de la Coupe du monde aux Etats-Unis. Hospitalisé à Boston, le jeune garçon bénéficie d’un suivi médical tandis que les autorités américaines poursuivent leur enquête. Selon les informations rendues publiques, plusieurs dizaines de suspects ont été identifiés grâce aux images de vidéosurveillance. Le consulat d’Algérie s’est également saisi de l’affaire.
Dans ce dossier, une évidence s’impose : rien ne peut justifier qu’un mineur soit victime d’une agression collective. Les auteurs de ces violences devront répondre de leurs actes devant la justice américaine. C’est le premier niveau de responsabilité, et il ne souffre d’aucune contestation.
Mais une autre question, plus sensible, commence à émerger dans le débat public, celle de la protection d’un enfant de 14 ans dans un contexte de forte tension.
Les provocations marocaines à l’égard de l’Algérie ne datent pas d’hier. Elles dépassent largement le terrain politique et s’expriment également dans les tribunes, les fan-zones et sur les réseaux sociaux. Les grands événements sportifs exacerbent les passions et transforment une simple célébration en affrontements ou en une lâche agression comme celle dont a été victime notre jeune compatriote qui s’est mêlé inconsciemment à une meute enragée.
Dans ces conditions, était-il prudent qu’un adolescent de 14 ans se retrouve au milieu d’un rassemblement de supporters hostile ? Cette interrogation ne vise pas à désigner le père de Wassim comme responsable des violences subies par son fils. Les seuls responsables de l’agression sont ceux qui l’ont commise. En revanche, il est légitime de s’interroger sur les précautions qui auraient pu être prises pour éviter qu’un mineur soit exposé à un environnement aussi dangereux.
Le rôle des parents consiste précisément à apprécier les risques que les enfants ne sont pas toujours capables d’évaluer eux-mêmes. Un adolescent agit souvent sous le coup de l’émotion, de l’enthousiasme ou de la curiosité. Il appartient aux adultes de fixer des limites lorsque le contexte présente un danger prévisible.
Cette affaire doit également interpeller les autorités, les organisateurs et les forces de sécurité américaines lors de cet événement mondial. Les fan-zones accueillent des milliers de personnes dans une ambiance généralement festive, mais elles peuvent rapidement devenir le théâtre de violences. La protection des mineurs devrait y constituer une priorité absolue.
M. A.-A.


