Par M. Aït Amara – En déplacement officiel en Allemagne, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a choisi de répondre avec fermeté à une question d’une journaliste française portant sur le cas de Christophe Gleizes. Sans entrer dans le fond du dossier, le chef de l’Etat a rappelé un principe qu’il considère intangible : le respect de la souveraineté de la justice algérienne.
Interrogé lors d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand sur une éventuelle grâce en faveur de l’agent français condamné par la justice algérienne, le président Tebboune a été catégorique : «Par respect pour la justice algérienne, je ne répondrai pas à cette question. Je ne suis pas en Algérie et je n’y répondrai qu’en Algérie.»
Cette réponse, à la fois sobre et mesurée, revêt une portée politique évidente. D’abord, elle confirme que les décisions rendues par la justice algérienne relèvent exclusivement des institutions nationales et ne sauraient être commentées ou remises en cause sous l’effet d’une pression extérieure. En refusant de s’exprimer sur une affaire judiciaire en cours ou récemment tranchée, le Président a implicitement réaffirmé le caractère souverain des décisions de la justice algérienne.
Ensuite, Abdelmadjid Tebboune a refusé de se laisser entraîner par certains journalistes français sur un terrain totalement étranger à l’objet de sa visite officielle. Le déplacement en Allemagne est consacré au renforcement des relations bilatérales entre Alger et Berlin, notamment dans les domaines économique, énergétique et industriel. En tentant de déplacer le débat vers une affaire algéro-française, la question posée rompait avec le cadre diplomatique de la rencontre. Le chef de l’Etat a choisi de ne pas cautionner ce changement d’agenda et de préserver le sens de cette visite stratégique.
Enfin, cette séquence constitue un nouveau revers pour les voix, toujours les mêmes, qui en France cherchent inlassablement à exercer une pression médiatique sur les autorités algériennes dès lors qu’une décision souveraine ne correspond pas à leurs attentes. Depuis plusieurs mois, certains responsables politiques, éditorialistes et organisations avaient multiplié les déclarations exigeant une intervention du président Tebboune dans le dossier Gleizes.
Sa réponse de ce jeudi est venue rappeler que l’Algérie n’entend pas gouverner sous l’effet de campagnes médiatiques venues de l’étranger. En opposant une fin de non-recevoir à cette tentative d’instrumentalisation, depuis le sol allemand de surcroît, le chef de l’Etat a signifié que ni le choix du moment, ni celui du lieu, ni la pression de certaines facho-sphères médiatiques françaises ne sauraient infléchir les principes de souveraineté et de respect des institutions algériennes.
Une mise au point qui sonne comme un rappel clair des règles dans les relations entre Etats.
M. A.-A.



