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Fin de l’impunité pour l’Etat voyou du Maroc : offensive judiciaire contre le Makhzen à Madrid

Par Kahina B.-H. – Des hommes politiques espagnols, aux côtés de personnalités issues des milieux de la sécurité et des droits de l’Homme, ont déposé des plaintes devant la justice espagnole, ciblant formellement l’entourage royal et la chaîne de commandement marocaine. Ces plaintes comprennent des accusations de crimes contre l’humanité, sur fond d’événements liés à l’invasion de l’enclave espagnole de Ceuta.

Ce développement intervient après une vive controverse en Espagne concernant les événements survenus à la frontière, ainsi que l’émergence d’appels croissants à faire toute la lumière sur la vérité, à établir les responsabilités et à lutter contre l’impunité.

Deux démarches judiciaires principales ont été enregistrées auprès de l’Audiencia Nacional, le tribunal espagnol compétent en matière de crimes contre l’Etat, de criminalité organisée et d’affaires transfrontalières.

Le parti politique espagnol Iustitia Europa a déposé, fin juillet, une plainte formelle auprès de l’Audiencia Nacional. La plainte accuse nommément les autorités marocaines d’avoir délibérément planifié, encouragé et facilité les vagues massives de traversées vers l’enclave espagnole. Pour Iustitia Europa, l’acheminement coordonné de dizaines de milliers de personnes en quelques heures dépasse le cadre migratoire classique et s’apparente à une stratégie délibérée visant à déstabiliser les frontières souveraines de l’Espagne. Le parti réclame l’ouverture d’une enquête pour atteinte à la sécurité de l’Etat, trafic d’êtres humains, facilitation de l’immigration clandestine et organisation criminelle.

La plainte déposée par l’association Hazte Oír, début août, constitue la seconde grande offensive judiciaire espagnole. Contrairement aux simples déclarations politiques, cette «querella» cible de manière très précise la chaîne de commandement marocaine et ses services de renseignement.

Les avocats de Hazte Oír ont affirmé avoir repéré et documenté la présence de véhicules suspects à proximité du poste-frontière d’El Tarajal. Selon la plainte, les occupants de ces véhicules – suspectés d’appartenir aux services secrets marocains – encadraient et fournissaient une assistance logistique directe aux migrants se dirigeant vers la frontière. La plainte vise explicitement de hauts responsables des services secrets marocains, notamment Fouad Ali El-Himma, conseiller influent du roi Mohammed VI, désigné par l’association comme le «cerveau présumé» de cette invasion, qualifiée par l’association d’«attaque hybride» visant délibérément la souveraineté nationale espagnole. Elle accuse les autorités marocaines de complicité active et de coordination criminelle pour saturer l’enclave de Ceuta, ainsi que d’homicides et de blessures par imprudence grave.

En jouant avec le feu sécuritaire à la frontière sud de l’Europe, le royaume voyou du Maroc a fini par abîmer définitivement son image de «partenaire fiable» pour se voir qualifier à juste titre d’Etat pyromane frontalier, auquel on ne peut faire confiance. Sa soumission aveugle aux Etats-Unis et à l’entité sioniste lui évitera-t-elle un retour de bâton politique de la part des institutions européennes et de la justice ?

Une chose est sûre : l’Espagne est désormais résolue à mettre un terme au chantage incessant du Maroc et entend lui faire payer le prix fort de cette stratégie de la menace permanente.

K. B.-H.

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