Par Amar Belani – L’article paru dans un outil d’intox du Makhzen, consacré au livre du journaliste français Léon Plée, publié en 1866, repose sur une lecture délibérément tendancieuse et manipulatrice. En effet, cet outil ne se contente pas d’une lecture biaisée de ce livre, il détourne délibérément son texte pour construire une thèse dénaturée que les traités, conventions et documents historiques de l’époque démentent.
D’abord, un ouvrage journalistique publié en 1866 ne saurait remplacer les actes diplomatiques qui ont précisément réglé la question frontalière. Ensuite, le traité de Tanger du 10 septembre 1844 fournit un élément décisif. Son article 5 stipule que «la délimitation des frontières entre les possessions de Sa Majesté l’Empereur des Français et celles de Sa Majesté l’Empereur du Maroc reste fixée et convenue conformément à l’état des choses reconnu par le gouvernement marocain à l’époque de la domination des Turcs en Algérie».
La frontière franco-marocaine devait donc être déterminée sur la base de la situation territoriale reconnue sous la présence ottomane. Elle n’était nullement une création arbitraire de la France après 1830, contrairement à ce que martèlent à tue-tête les prétendus historiens marocains et leurs relais numériques malveillants.
La convention de Lalla-Maghnia du 18 mars 1845 donna ensuite une traduction concrète à ce principe. Les négociateurs ne partirent donc pas d’un territoire algérien réduit à une étroite bande côtière, comme le laisse entendre pitoyablement l’outil d’intox du Makhzen.
Ils cherchèrent à identifier la limite antérieure entre le Maroc et la Régence d’Alger, puis à la matérialiser. Les difficultés rencontrées dans certaines zones sahariennes attestent des problèmes de délimitation, pas de l’inexistence d’une frontière.
Le raisonnement de l’outil de propagande mensongère marocaine procède ainsi d’une manipulation révélatrice d’un révisionnisme sot et primaire qui consiste à extraire quelques passages d’un ouvrage de 1866 pour leur faire dire ce que les instruments diplomatiques de 1844-1845 ne disent pas.
L’histoire des frontières algéro-marocaines ne se réécrit pas à partir d’un article de presse. Elle se vérifie dans les traités, les conventions, les cartes et les archives contemporaines.
Tout comme la frontière entre le Maroc et le Sahara Occidental, territoire non autonome, apparaît clairement dans la cartographie officielle des Nations unies, la nouvelle carte du monde adoptée le 4 septembre 2026 confirme cette distinction.
Le royaume du Maroc a pourtant voté en faveur de la résolution de l’Assemblée générale (un oui franc et massif) sans même la moindre explication de vote de la part de l’inénarrable représentant permanent du royaume à New York.
A. B.
Ancien ambassadeur


